jeudi 2 septembre 2010
Aide à Vincent Reynouard.
Pour celles et ceux qui veulent envoyer de l'argent de France à Vincent Reynouard :
n° d'écrou 33034
Vincent Reynouard
code banque 10 071
code guichet 59 000
n° de compte 00001017859-69
Maison d'arrêt de Valenciennes régie des comptes nominatifs
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Il faut abroger la loi Gayssot !
mercredi 25 août 2010
Personnellement, je ne vois qu’une comptabilité morbide dans la contestation du nombre de victimes ou la méthode de leur assassinat. N’y eût-il qu’un million de Juifs exterminés, et fusillés plutôt que gazés, que le drame ne m’en paraîtrait pas moins tragique… et tristement révélateur de la capacité meurtrière de l’homme.
Mais je conçois sans peine que la vérité historique nécessite de critiquer telle donnée, naguère reçue communément. C’est ainsi que la science avance. Je trouve donc extrêmement suspect que le terme même de « révisionniste » soit une insulte – sinon un chef d’inculpation.
Je ne comprends pas comment un pays civilisé peut s’accommoder d’une loi comme la loi Gayssot, interdisant de contester la version de l’histoire écrite par les vainqueurs. Car, enfin, le tribunal de Nuremberg était une justice de vainqueurs… et largement influencée par les staliniens, dont l’objectivité n’a jamais été la vertu dominante !
N’étant pas historien, et surtout pas historien de cette période, je n’ai aucune compétence pour apprécier les dires de Vincent Reynouard ou d’autres révisionnistes. Mais je ne crois pas que le parlement français, fût-il majoritairement socialo-communiste comme à l’époque du vote de la loi Gayssot, soit beaucoup plus compétent que moi en la matière.
Je lui conteste même radicalement tout pouvoir en matière de vérité. Comment une majorité pourrait-elle fonder une vérité ?
Il est donc urgent d’abroger la loi Gayssot. Que le parlement émette une motion d’hommage à des victimes, soit. Qu’il prétende fixer – et même figer – la vérité historique, voilà qui dépasse l’entendement. Plus extravagant encore, la Cour européenne des droits de l’homme ne juge pas que cette loi Gayssot contrevient, de façon flagrante, à l’un des « droits de l’homme » les plus fondamentaux : la liberté d’expression.
Bref, un pouvoir qui souhaiterait une véritable « rupture » devrait, à mon avis, s’engager à abroger cette loi.
À ce stade, un lecteur pourrait me demander ce que je pense personnellement de la période 1939-1945.
Je ne suis pas certain qu’il soit intéressant d’additionner ainsi les « opinions » sur des faits historiques. Soit on est compétent en la matière et on dit ce qui est ; soit on ne l’est pas et l’on se tait. Je suis, je l’ai dit, dans le second cas. Ce n’est pas pour moi que je revendique cette liberté d’expression, n’ayant aucune intention d’en user sur ce point précis.
Cependant, à défaut d’avoir une compétence historique, sur les faits eux-mêmes, on peut avoir une idée de ce que les faits révèlent.
Or, s’il y a un fait majeur, que nul ne contestera, c’est que la législation fait du génocide juif un cas unique de la barbarie humaine.
À certains égards, cette unicité est exacte : le peuple juif n’est pas n’importe quel peuple et, pour nous Occidentaux, il nous rappelle que toute notre civilisation est née de la tension, de l’opposition et de la synthèse plus ou moins réussie entre Athènes et Jérusalem. S’en prendre à nos racines juives était quelque chose comme un suicide de notre civilisation – et il n’est pas insignifiant que ce suicide soit survenu par le fait du peuple allemand, l’un des plus civilisés de l’époque.
En revanche, il y aurait quelque chose de mensonger et de contre-productif à imaginer que les nazis étaient une espèce de barbares sans précédent ni suite dans l’histoire. On sait que cela a permis, pendant des décennies, aux communistes de perpétrer leurs atrocités en toute tranquillité. Il faut rappeler aussi que c’est toute la modernité politique qui est traversée par les massacres de masse, organisés méthodiquement (comme en témoignent les colonnes infernales en Vendée dès la fin du XVIIIe siècle, peu après la proclamation des droits de l’homme).
Au passage, le parlement français ferait peut-être bien de s’intéresser à ses propres génocides avant de regarder ceux des voisins… Mais, surtout, en isolant de la sorte le génocide juif, on oublie que la plupart des exécutants étaient de bons citoyens et de bons pères de famille. Et que tout pouvoir peut ainsi nous conduire – à l’exception de quelques héros – à nous comporter en bêtes sauvages. C’est cela qui est effrayant dans la shoah… et que la loi Gayssot nous empêche de discerner, préparant ainsi la réédition de ce crime !
Guillaume de Thieulloy
écrivain (Le Chevalier de l'absolu, Gallimard 2005 et Antihumanisme
intégral ? Téqui 2006)
Prix Raymond Aron 2002
Docteur en sciences politiques, ingénieur en agro-alimentaires, DESS d'administration des entreprises
Maître de conférences à Sciences Po, chargé de cours à l'Institut catholique de Paris.
intégral ? Téqui 2006)
Prix Raymond Aron 2002
Docteur en sciences politiques, ingénieur en agro-alimentaires, DESS d'administration des entreprises
Maître de conférences à Sciences Po, chargé de cours à l'Institut catholique de Paris.
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