Nous avons appris avec consternation que les autorités israéliennes ont interdit l'entrée en Cisjordanie, ce 16 mai, de l'intellectuel américain Noam Chomsky. Celui-ci devait faire des exposés à Ramallah en Cisjordanie occupée et rencontrer un certain nombre de Palestiniens.
Comme le souligne Chomsky, la seule fois où on lui a interdit précédemment l'accès à un pays, c'était en Tchécoslovaquie, en 1968, après l'intervention soviétique. Au fonctionnaire qui lui lançait que le gouvernement israélien n'aimait pas ce que disait Chomsky, celui-ci répondit: « Trouvez-moi un gouvernement au monde qui aime ce que je dis ».
Il devrait être évident que Chomsky, agé de 81 ans, qui n'a jamais participé à des actions violentes, qui est favorable à une solution à deux états et qui est opposé au boycott académique d'Israël, ne peut être considéré comme un péril pour cet état que si celui-ci se sent menacé par la simple diffusion d'idées.
Nous appelons les autorités israéliennes à présenter leurs excuses à Noam Chomsky ainsi qu'à ceux qui l'ont invité, et à tout mettre en oeuvre pour que de telles entraves à la libre circulation des idées ne se reproduisent plus.
SIGNATURES :
Jean Bricmont, Physicien, Belgique.
Les signatures doivent être envoyées à:
jean.bricmont@uclouvain.be
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