mercredi 5 mai 2010

Joyeux anniversaire, Nicolas !

Le censuré Mukuna répond à tous ses censeurs (article refusé par la "Libre Belgique").

Faut-il encore s’étonner de voir La Libre Belgique accueillir les diatribes et pressions de Claude Demelenne visant à censurer la projection de mon film « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? » ? Faut-il s’étonner que cet activiste et son réseau pro-israélien obtiennent des autorités de l’ULB le « report » sine die de cette projection, initialement prévue ce 27 avril ? Malheureusement, non. Ces phénomènes rétrogrades participent de notre époque qui érige l’amalgame pour seul raisonnement, l’anathème pour seule réflexion politique et porte au pinacle un pseudo-journalisme, incapable de la moindre vérification comme du minimum d’honnêteté intellectuelle.


Dans son article non signé du 26 avril, La Libre a estimé que l’annonce de la projection de mon film faisait «polémique». Soit. Mais pour quelle raison ce quotidien n’a-t-il pas jugé déontologique d’interroger tous les acteurs de ladite polémique ? Pourquoi l’auteur de l’article reprend-t-il uniquement le communiqué de presse de Demelenne sans interroger les organisateurs du Cercle du Libre Examen (Librex) ou moi-même ? Pourquoi, le lendemain, ce journal relaye-t-il la prose diffamatoire à mon encontre de la députée régionale Viviane Teitelbaum (MR) sans juger utile de recueillir ma version ? Enfin, qui, à La Libre, est en mesure de décrire le contenu du film et d’en produire une critique sérieuse ?

Autant de questions dérisoires aux yeux de celles et ceux qui s’accommodent ou encouragent les inégalités de traitement, le « deux poids deux mesures » et le terrorisme intellectuel. Dans mon film, parmi d’autres thèmes, l’humoriste Dieudonné débat de ces questions avec les écrivains Jean Bofane et Antoine Tshitungu, le chercheur en Economie de la discrimination, Souhail Chichah (ULB), le cinéaste Jan Bucquoy, l’ex-journaliste de la RTBF, José Dessart et le linguiste, Dan Van Raemdonck (ULB). Soucieux de la liberté d’expression et du débat contradictoire, ces véritables démocrates ont eu le courage et la cohérence d’accepter mon invitation à débattre avec Dieudonné. Hors diabolisation et pressions politico-médiatiques, ceux-ci ont échangé accords, désaccords, critiques et analyses. Une diversité de points de vue qui fait la richesse et l’intérêt du film. Cela fait-il de ces six personnalités des « racistes » comme le sous-entend Claude Demelenne ?


Légitimé par les médias dans son rôle de nouvel inquisiteur, le pseudo-journaliste ose qualifier mon film de « propagande » en faveur de Dieudonné. C’est décidément l’hôpital qui se fout de la charité ! Appelant à réagir politiquement comme un «Sarkozy de gauche»(1), hier hagiographe d’Elio Di Rupo et du PS (2), aujourd’hui griot du MR (3) et co-auteur d’un livre avec le sénateur Alain Destexhe (MR) (4), invité sur les plateaux télés pour marteler ses stigmatisations islamophobes et anti-arabes, Claude Demelenne en connaît un rayon niveau propagande.


Ce 27 avril, il diffusait in extenso à sa mailing-list les amalgames insultants de Viviane Teitelbaum (MR). Celle-ci faisant preuve d’une capacité surréaliste dans la confusion : « On offre une tribune à quelqu’un qui au fond est l’équivalent de l’attaché de presse de Jean-Marie Le Pen ou de Filip Dewinter. Mukuna, c’est la voix de Dieudonné » (5) ... En introduction de son courriel propagandiste, Demelenne, lui, écrivait ces mots : « Depuis le début de cette affaire, le consensus de tous les démocrates pour établir un cordon sanitaire autour de Dieudonné et de ses partisans est réconfortant. Des personnalités venant d'horizons divers ont oeuvré efficacement pour empêcher la banalisation de l’idéologie de Dieudonné ».

N’ayant aucune leçon de démocratie et d’antiracisme à recevoir de la part d’un censeur et d’une députée bruxelloise qui supportent le colonialisme et la violation du droit international, je tiens à rappeler certaines choses concernant mon travail. En 2004, j’ai signé un livre d’entretiens avec l’humoriste engagé ; en 2006, un essai sur le traitement médiatique franco-belge de « l’affaire Dieudonné » et en 2009, filmé un débat contradictoire entre Dieudonné et six intellectuels et culturels belges. Des productions indépendantes dont l’angle d’attaque comme le fil rouge sont frappés du sceau de la déontologie journalistique. Raison principale pour laquelle Claude Demelenne et ses soutiens politiques n’en disent mot, tentent de me faire passer pour un «fanatique» de Dieudonné et sont parvenus, aujourd’hui, à me censurer.


Au sein de la sphère politico-médiatique francophone, existe-t-il encore des personnes capables de juger sur pièce ce travail, faire la part des choses et exprimer publiquement leur opinion ? Devrais-je m’excuser d’avoir fait mon métier en profondeur au sujet d’un artiste engagé qui défraye la chronique depuis sept ans ? Devrais-je me sentir coupable si la plupart de mes confrères des médias traditionnels ne veulent ou ne peuvent recenser et critiquer honnêtement ce travail ?

A cet égard, je m’interroge : pour quelle raison Robert Ménard et Philippe Gavi n’essuient-ils pas le courroux haineux de Claude Demelenne ? L’ex-président de Reporters sans frontières et l’un des fondateurs du quotidien Libération ont signé un livre d’entretiens avec Dieudonné et Bruno Gaccio (6). Ouvrage sorti début mars qui bénéficie d’une certaine promotion médiatique (RMC, BFMTV, France 3, France 4, France 5). Mais pour Ménard et Gavi, Demelenne range rapidement son stylo et ne dénonce pas « ceux qui banalisent l’antisémitisme et l’idéologie nauséabonde de Dieudonné ». Serait-il moins risqué d’insulter un journaliste belge d’origine congolaise que mes deux confrères français bénéficiant de réseaux médiatiques ?

Régulièrement injurié et diffamé par Claude Demelenne, j’ai confié à mon avocat le dépôt d’une plainte en justice. Si je respecte et défends sa liberté d’expression, je ne peux tolérer plus longtemps ses tentatives obsessionnelles visant à salir ma réputation ...

A l’esprit me revient le rapport 2009 de la Ligue des droits de l’homme qui constatait une nette régression de la liberté d’expression en Belgique. Condamnant, notamment, la volonté de la commune de Saint-Josse d’interdire le spectacle de Dieudonné, la Ligue concluait : « Il nous revient de rester attentif à préserver l’espace nécessaire à la liberté d’expression ». Un espace dont les journalistes se doivent d’être les premiers défenseurs et non les collaborateurs actifs ou passifs de sa destruction.

Olivier Mukuna
Journaliste indépendant


(1) Le Soir, 29 aout 2009 ; http://archives.lesoir.be/faut-il-avoir-peur-du-voile-islamique-_t-20090829-00PNFT.html

(2) Le Monde, 15 septembre 2005 ; http://nouveaups92.canalblog.com/archives/2005/09/06/811044.html

(3) La Libre, 28 janvier 2010 http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/558688/propos-iconoclastes-sur-le-mr.html

(4) « Lettre aux progressistes qui flirtent avec l'islam réac », Claude Demelenne et Alain Destexhe, Editions du Cerisier, 2009.

(5) La Libre, 27 avril 2010 (uniquement en version papier) ; http://www.vitelu.be/?p=617

(6) « Bruno Gaccio / Dieudonné - Peut-on tout dire ? », entretiens réalisés par Philippe Gavi et Robert Ménard, Editions Mordicus, 2010.

Un citoyen belge, Michel Ghys, écrit à une députée socialiste ayant participé à la séance du parlement européen lançant l'initiative Jcall.

http://www.jcall.eu/

 Madame Arena,

Appel à la raison ?

On remerciera Zeev Sternhell d'avoir été celui peut-être qui, au cours de cette soirée de J Call (organisée - on ne le regrettera jamais assez - au Parlement Européen, ce lundi 3 mai), nous aura donné la meilleure expression du racisme fondateur de ce déraisonnable "Appel à la raison".

Le droit au retour des réfugiés palestiniens fut présenté, ce lundi soir, dans les murs du Parlement Européen, comme un rêve auquel, pour couper court, il suffit d'en appeler à la raison. A moins qu'il ne faille comprendre que le rêve sioniste, en son racisme forcément basique, fait au droit international un juste obstacle.

Je me suis demandé ce que vous faisiez là, à représenter le Parti Socialiste.

Je me le suis demandé plus encore en entendant les intervenants qui vous ont suivie à la tribune. Notamment, Zeev Sternhell. Vous pourrez trouver en fichier attaché, la transcription de son intervention.

Morceaux choisis :
Voyez-vous, la ligne de partage des eaux chez nous fondamentalement passe entre ceux qui pensent que la guerre d’indépendance était la fin d’un processus de conquête d’une partie de la Palestine, une conquête qui était juste et légitime parce qu’elle servait, elle venait servir un besoin existentiel. Il n’y avait pas de peuple à la surface du globe qui avait besoin d’un chez soi davantage que nous. Nous avons conquis une partie de la terre et Israël est né de la guerre mais ce qui était bon et ce qui était juste jusqu’en 49 a cessé de l’être en 67.
Bon et juste, le nettoyage ethnique de la "guerre d'indépendance". Supposer qu' "il n’y avait pas de peuple à la surface du globe qui avait besoin d’un chez soi davantage que nous" suffit à justifier que 700.000 Palestiniens soient expulsés de chez eux. Le gauchisme déclaré de Sternhell aide probablement à faire avaler cette pillule-là.
Mais non seulement les territoires occupés en 67 ne servent à rien, ils sont devenus un danger mortel pour notre société et pour notre avenir.
Oui, je sais : charité bien ordonnée...
 Il y a trois possibilités en gros. Israël reste ce qu’il est c’est-à-dire un état-nation juif – je n’aime pas le terme « état juif », c’est un état des Juifs c’est-à-dire un pays où les Juifs sont une majorité, grande majorité. Nous sommes 80% aujourd’hui mais les 20% des Israéliens non juifs jouissent des droits, des mêmes droits, ils sont citoyens israéliens comme moi.
Le fait que ces 20% ne soient pas citoyens comme lui et qu'ils ne jouissent pas des mêmes droits, sera tenu pour un détail.
Le fait que cette "grande majorité" soit aussi le fruit du nettoyage ethnique, bon et juste, sera lui aussi tenu pour accessoire.
La seconde possibilité, c’est une situation coloniale, celle qui existe aujourd’hui et que certains pensent qu’elle peut durer éternellement ou jusqu’au moment où il arrive quelque chose de très grave au Proche-Orient, une catastrophe à la faveur de laquelle on pourrait déplacer des ou les Arabes de la Cisjordanie. C’est ce qu’on pense à l’extrême droite en fait.
C'est peut-être bien ce qu’on pense à l’extrême droite, en Israël. C'est en tout cas ce qui s'est fait pendant la "guerre d'indépendance", guerre bonne et juste pour Sternhell qui ne se revendique pas de l'extrême droite.
Et la troisième possibilité, c’est un état binational, un état où les Juifs, très rapidement, seront une minorité. Alors très franchement, un état binational, c’est quelque chose qui, moi, ne m’intéresse pas. Je ne vois aucune raison, aucun avantage à l’existence d’un état binational.
Entre raison et avantage, c'est de toute façon la raison du plus fort qui s'exprime par la voix de Sternhell, gauchiste.
 Ce que nous voulons donc, c’est un pays qui soit débarrassé du fardeau de la colonisation, un pays dont nous serions fiers et que nous serons fiers de léguer à nos enfants et nos petits-enfants.
La colonisation pose problème à la fierté de papy Sternhell. L'épuration ethnique de 49, nullement.

Et puis, il y a le morceau de bravoure :
Jamais jusqu’à présent, aucun leader palestinien n’a eu le courage d’entrer dans les camps de réfugiés et de dire : « Mes frères et mes sœurs, c’est fini. Les clés de la maison de Haïfa que vous gardez, ou celles de Jaffa, ou de Ramleh ou de Loud ou de Tibériade, vous pouvez les garder, vous n’y reviendrez jamais, ni dans ces villes, ni dans vos villages. » Les Arabes ont payé un prix énorme pour que nous puissions fonder notre maison. Maintenant, c’est leur tour de fonder leur maison, mais pas à la place de la nôtre : à côté de la nôtre.
Un peu plus loin, même, que juste à côté. Les Juifs ici, les Arabes là-bas. Plus loin. Ailleurs.

"C’est leur tour de fonder leur maison, mais pas à la place de la nôtre"... qui est pourtant la leur.


Bien à vous,

Michel Ghys, Bruxelles.

Censure.

Empêchons l’entrée d’Israël dans l’OCDE !

publié le mardi 4 mai 2010
Afps
 
http://cjpp5.over-blog.com/ext/http://www.france-palestine.org/article14563.html 
 
  
Une campagne de mels massive est indispensable très rapidement pour convaincre les pays européens qui respectent encore le droit international de ne pas laisser entrer dans l’Europe un Etat qui le bafoue quotidiennement.
 
 
Un mauvais coup se trame dans notre dos. Le club des trente pays les plus riches, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), s’apprête ( en ce mois de mai) à accueillir en son sein Israël avec les territoires arabes qu’il occupe.
Cette décision, alors même que l’Etat israélien relance la colonisation tout en sabotant les efforts de paix, américains comme européens, est une provocation. Il faut tout faire pour l’empêcher.
Si la France est, comme toujours depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, favorable à ce resserrement des liens avec Israël, d’autres pays membres - notamment le Mexique, la Turquie, la Suède, la Belgique et la Suisse - hésitent à franchir ce pas. A nous de les convaincre, en les inondant de mels et de fax : un seul refus suffira à bloquer l’adhésion d’ Israël.
Vous trouverez ci-dessous la position de l’AFPS, un modèle de lettre en anglais et en français aux ambassadeurs des trente Etats membres de l’OCDE et une liste d’adresses mels.

Faites passer ce message le plus largement possible.

Position de l’Afps :

Depuis le mois de janvier notre association met en garde contre l’entrée projetée d’Israël dans l’OCDE. Nous avons multiplié les déclarations et initiatives en ce sens mais les choses avancent malgré tout et devraient se "jouer" en ce mois de mai, dans une quinzaine de jours au maximum.
L’entrée ou non d’Israël dans l’OCDE est une question politique majeure. La faire entrer c’est accepter le "Grand Israël" incluant le plateau du Golan. A l’inverse s’y opposer c’est sanctionner sa politique d’occupation et d’apartheid et donc c’est agir agir pour la paix.
Il convient donc - le moment est décisif - de tout faire contre ce projet afin qu’il n’aboutisse pas. Nous proposons d’envoyer des mels à plusieurs pays membres, dont la France, pour faire pression en ce sens.
Le Collectif national prendra certainement demain une décision en ce sens, avec possiblement une manifestation devant le siège de l’OCDE à Paris. Vous trouverez ci-joint le texte en anglais de notre dernière déclaration qui peut être envoyée et un autre texte en anglais (ci-dessous). Vous trouverez ci-joint, également, les adresses mails des pays cibles où envoyer vos messages - chacun peut en imaginer un à sa façon. Nous comptons sur vous ! Israël ne doit pas passer !
JC Lefort, président de l’AFPS

Modèle de lettre aux ambassadeurs :

Mister Ambassador, dear Sir
This very month, the Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) is expected to decide on Israeli membership. Israel’s lack of respect of human rights and international law and its tendency to obstruct any realistic peace process is met with widespread international criticism. Israel has repeatedly shown that it is not affected by the criticism ; on the contrary Israel continues its unlawful policies without having to face any real consequences. In contrast to the statements and condemnations, Israel is given special treatment in international politics and co-operations. A granted membership to the OECD would be another example of this special treatment. The decision also requires that the organization turn a blind eye to its own guidelines as regards peace, human rights and trade.
We believe that there are many reasons to deny Israel membership in the OECD, including :
-  The production in the occupied territories is in conflict with international law, and the European Court of Justice clarified as recently as February that products from the West Bank cannot be classified as Israeli. In the figures forming the basis for the decision on membership, no distinction has been made with regards to place of production. Instead of being punished for crimes under international law, the figures benefit Israel. In spite of the fact that Israel benefits from the economy in the occupied territories, the four million people living there are not recognized. This makes the underlying numbers per capita even more misleading.
-  According to the OECD convention the member countries must share a commitment to the rule of law and the respect of human rights. Several of the current member countries have claimed repeatedly that this commitment is not shared by Israel. For example, Israel denied a UN delegation, assigned to investigate the attack on Gaza an entry visa and has wished that international law would be adjusted in accordance with Israel’s actions and interests, not vice versa.
-  In the text of the convention one can read that co-operation makes a vital contribution to peaceful and harmonious relations among the peoples of the world. The member countries have on several occasions expressed criticism that Israel’s actions are counterproductive to the development of such relations. As recently as March, the US, EU, Russia and the UN issued a joint condemnation of Israel’s policies in Jerusalem, claiming that these policies undermine the peace process. Israel ignores the criticism.
Annex
-  Article 1 of the convention states that the aims of the OECD shall be to “contribute to the expansion of world trade on a multilateral, non-discriminatory basis in accordance with international obligations”. In the pursuit of these aims, the Members agree that they will “pursue their efforts to reduce or abolish obstacles to the exchange of goods and services” (Article 2). During the processing of the Israeli membership application, Israel has imposed one of the most far-reaching and internationally criticized blockades on the population of Gaza. The Palestinian-controlled areas of the West Bank have been fragmented by settlements, the separation wall, exclusively Israeli roads and checkpoints. The Palestinians are severely limited in their ability to conduct import, export as well as internal trade.
-  The OECD Development Assistance Committee (DAC) coordinates the international donors’ reports on foreign aid and develops guidelines for the aid. Palestine is a major receiver of aid and the main reason for this need is the Israeli occupation. If Israel is granted membership it will be able to influence the policy processes that govern the aid to Palestine. We urge you, as the (nom du pays) representative, to act in order to reverse the expected positive response to the Israeli membership application. One way to do this is to demand that new political questions be added to the review process of Israel thereby postponing the decision. Another possibility is to use the veto of your country against a positive decision, perhaps in cooperation with other countries.
We look forward to your response.
Sincerely yours
Signature : [1]

Adressez vos courriers à :

-  FRANCE :
Telephone : +33 (0)1 43 17 57 50
Fax : +33 (0)1 43 17 58 02
ou : l’ambassadeur : roger.karoutchi@diplomatie.gouv.fr
-  et des pays qui peuvent être sensibles
BELGIQUE :
Telephone : + 33 (0)1 56 75 34 50
Fax : +33 (0)1 56 75 34 70
MEXIQUE :
Tel : (5255) 91 38 62 33
Fax : (5255) 52 80 04 80
NORVEGE :
no Telephone : +33 (0)1 45 24 97 84
Fax : +33 (0)1 45 20 08 82
SUEDE :
Telephone : +33 (0)1 45 24 98 60
Fax : +33 (0)1 45 24 18 34
SUISSE :
Permanent Delegation of Switzerland to the OECD
Telephone : +33 (0)1 49 55 74 50
Fax : +33 (0)1 45 51 01 49
TURQUIE :
Telephone : +33 (0)1 42 88 50 02
Fax : +33 (0)1 45 27 28 24

[1] en français :
Monsieur l’Ambassadeur ,
Ce mois-ci, l’Organisation de Coopération et de Développement Économique doit se prononcer sur la candidature d’Israël. Or le manque de respect de l’état d’Israël pour les droits humains et le droit international, ainsi que sa tendance à faire obstruction à tout processus de paix réaliste ont largement fait l’objet de critiques internationales. Israël a montré de façon répétée qu’il n’est en rien affecté par ces critiques ; tout au contraire Israël poursuit sa politique illégale sans avoir à en affronter aucune conséquence réelle. Par contraste avec les résolutions et les condamnations dont il fait l’objet , Israël reçoit un traitement spécial sur le plan de la politique et des coopérations internationales. Lui offrir d’être membre de l’OCDE serait un exemple de plus de ce traitement spécial. En outre, pour prendre une telle décision l’organisation devrait fermer les yeux sur ses propres règles au regard de la paix, des droits humains et du commerce.
Nous pensons qu’il existe de nombreuses raisons pour refuser l’adhésion d’Israël à l’OCDE, parmi lesquelles :
  La prise en compte de la production dans les territoires occupés viole le droit international, et pas plus tard qu’en février dernier, la Cour de Justice européenne a rappelé clairement que les produits des colonies ne peuvent en aucun cas être considérés comme des produits d’Israël. Dans les chiffres qui servent de fondement à la demande d’adhésion, il n’y a pas de distinction en fonction de la zone de production. En outre, bien qu’Israël profite de son économie dans les territoires occupés, il ne tient pas compte des quatre millions de personnes qui y vivent. Cette omission rend les statisitiques par personne encore plus trompeuses.
  D’après la convention de l’OCDE, les états membres doivent partager un même engagement à respecter le droit international et les droits de l’Homme. Plusieurs des membres actuels de l’OCDE ont exprimé de façon répétée que cet engagement n’est pas partagé par Israël. Par exemple, Israël a refusé à une délégation chargée d’enquêter sur l’attaque de la bande de Gaza de de lui fournir un visa d’entrée, et il a émis le souhait que le droit international soit modifié, de façon à l’aligner sur les actions et les intérêts d’Israël, et non l’inverse.
  Dans le texte de la convention on peut lire que la coopération est une contribution majeure aux relations pacifiques et harmonieuses entre les peuples du monde. Les états membres ont, à plusieurs reprises, critiqué les actions d’Israël au motif qu’elles sont contre-productives vis-à-vis du développement de telles relations. Pas plus tard qu’en mars, les USA, l’UE, la Russie et les Nations Unies ont publié une condamnation commune de la politique d’Isaël à Jérusalem. Israël ignore cette critique.
Annexe :
  - L’article 1 de la convention établit que les buts de l’OCDE seront de « contribuer à l’expansion du commerce mondial sur une base multilatérale, non discriminatoire, en accord avec les obligations internationales ». Pour arriver à cette fin, les Membres s’engagent à « poursuivre leurs efforts en vue de réduire ou de supprimer les obstacles aux échanges de biens et de services » (Article 2). Or pendant la durée de l’examen de sa demande d’adhésion, Israël a imposé à la population de Gaza l’un des blocus les plus extrêmes, et les plus largement critiqués sur le plan international. Les zones de Cisjordanie sous contrôle palestinien ont été fragmentées par les colonies, le mur de séparation, les routes réservées aux Israéliens et les barrages militaires. La capacité des Palestiniens à importer et à exporter, ainsi que leur commerce interne en a été sévèrement limitée.
  Le Comité d’Assistance au Développement (CAD) de l’OCDE coordonne les rapports des donateurs sur l’aide internationale et établit les instructions concernant cette aide. La Palestine est un gros bénéficiaire de cette aide, et ceci principalement du fait de l’occupation israélienne. Si Israël devenait membre de l’OCDE, il pourrait alors influencer les processus politiques qui gouvernent l’aide à la Palestine.
Nous vous prions instamment d’agir, en tant que représentant de ....(nom du pays), de façon à inverser la réponse positive attendue à la demande d’adhésion d’Isaël. Une façon de le faire est de demander que de nouvelles questions de nature poltique soient ajoutées au processus de revue, ce qui obligerait à reporter la décision à plus tard. Une autre possibilté est d’utiliser le droit de veto de votre pays contre une décision si elle devait être positive, éventuellement en coopération avec d’autre pays.
Dans l’attente de votre réponse, ... signature
photo de focus : Liebermann, ministre israélien des Affaires étrangères et Guria, secrétaire-général de l’OCDE , signant déjà en janvier dernier des accords privilégiés entre Israël et l’Ocde.

Élie Barnavi, ancien ambassadeur d'Israël en France : "Israël doit rester un Etat à majorité juive. Lui retirer son caractère juif est inacceptable".

Israël, un avenir compromis ?

Par CHARLOTTE AYACHE
28.04.10

Israël court-il le risque d'être "rayé de la carte" ? C'est ce que soutiennent Richard Laub et Olivier Boruchowitch dans Israël, un avenir compromis. Ainsi, l'Etat hébreu, dont la toute-puissance est fantasmée tant bien par ses amis que par ses ennemis, ne serait-il qu'un colosse aux pieds d'argile. Celui que l'opinion publique mondiale considère de plus en plus comme un "méchant Goliath" pourrait-il être lui aussi abattu par un jet de pierre ?
Elie Barnavi.
Photo: DR , JPost
Pris indépendamment, les facteurs de déstabilisation ne menacent pas l'existence de l'Etat juif. Mais voilà, ces facteurs sont nombreux et mis en parallèle ils deviennent inquiétants. L'opinion publique occidentale se montre hostile envers un Etat qu'elle considère comme l'avatar du colonialisme européen. Ce même Etat est empêtré dans un conflit ruineux humainement et financièrement et dont le règlement n'assure en aucun cas la stabilisation d'une région, secouée par les politiques dictatoriales et le terrorisme islamiste. Reste aussi le problème de l'Iran, dont le président a juré de faire disparaître Israël de la carte.
Quant aux Etats-Unis, finalement le seul véritable allié d'Israël, ils pourraient bien changer l'ordre de leurs priorités en raison de grands bouleversements dans leur démographie. De plus, les divisions de la société israélienne en courants ethniques, politiques, religieux et communautaires différents, parfois opposés, sont un facteur de fragilisation supplémentaire.
Lecture alarmiste ou réaliste de la situation ? En tout cas, les faits sont là, incontestables et l'ouvrage, mi-essai, mi-manuel, fait un beau travail de documentation. Comme l'écrit Elie Barnavi, qui a préfacé le livre, "désormais, lorsque quiconque se montrera oublieux des faits, ce qui est fort courant dans les joutes infinies et infiniment stériles que suscite le conflit proche-oriental, on pourra le renvoyer au 'Laub et Boruchowitch'". Rencontre avec cet universitaire et diplomate israélien, ancien ambassadeur d'Israël en France, aujourd'hui directeur scientifique du Musée de l'Europe à Bruxelles.
Jerusalem Post : Pourquoi avoir accepté de préfacer ce livre ?
Elie Barnavi : J'ai accepté de préfacer l'ouvrage car c'est un livre très bien documenté. Mais je ne partage pas du tout la théorie de la disparition d'Israël.
J.P. : Dans un contexte qui déchaîne les passions, énerve et inquiète, votre optimisme est-il une attitude volontaire et stratégique ?
E.B. : Il n'y a vraiment pas de quoi être autant effrayé. Les théories qui prévoient la disparition d'Israël ont quelque chose d'hystérique. La menace qui pèse sur l'Etat d'Israël est très exagérée. Ni la "réprobation d'Israël" dont parle Alain Finkielkraut, ni le terrorisme international ne suffisent à menacer l'existence d'Israël. Je considère la situation avec beaucoup plus de sérénité. Il y a effectivement un rapport de force, et Israël doit utiliser ses atouts pour le faire basculer à son avantage.
J.P. : Quels sont donc les atouts d'Israël ?
E.B. : Avant tout et quoi qu'on en dise, Israël est une force militaire considérable. C'est aussi une puissance économique et scientifique. Elle a ses ennemis, mais aussi ses alliés : l'Occident et la diaspora juive. De plus, Israël est une nation, une nation bien intégrée, bien mieux intégrée qu'on ne le pense. Or, jamais l'histoire n'a vu la disparition d'un Etat-nation, ce sont les Empires qui disparaissent.
J.P. : Mais, la société israélienne n'est pas un bloc uni. Elle est aussi très divisée. Dans quelle mesure peut-on parler de nation israélienne ?
E.B. : La nation juive israélienne existe et les Juifs constituent plus de 78 % de la population. Finalement, la société israélienne est sans doute bien plus uniforme que celles d'autres pays. Prenez l'Iran, saviez-vous que les Perses y représentent moins de 50 %. Chez les Juifs israéliens, il n'y a pas d'ethnies, seulement des communautés. Plus les choses progressent, plus il y a des tiraillements, mais c'est parce qu'on veut encore mieux. De même avec les Arabes, savez-vous que 90 % des Arabes israéliens ne quitteraient pas Israël pour intégrer l'Etat palestinien.
J.P. : Laub et Boruchowitch écrivent : "Au fond, la question est celle-ci : où le caractère juif de l'Etat d'Israël doit-il s'arrêter ?" Pour les auteurs, Israël devrait devenir une démocratie citoyenne, laïque. Quelle est votre opinion ?
E.B. : Israël doit rester un Etat à majorité juive. Lui retirer son caractère juif est inacceptable. Mais il faut se battre pour l'égalité de tous les citoyens. Il faut renforcer les politiques de promotion économique et sociale pour les Arabes.
J.P. : Que pourrait être une politique intelligente à adopter en Israël ?
E.B. : En tout cas, à l'heure actuelle, on fait n'importe quoi. Si on est isolé au niveau international, c'est aussi notre faute. Si on continue à adopter des comportements idiots, comme lorsqu'on humilie l'ambassadeur de Turquie, on ne peut pas s'étonner de notre isolement. Une politique intelligente serait une politique de paix, même si c'est une paix "froide", une paix armée. On doit faire la paix avec les Palestiniens, même si on en connaît le prix à payer. On ne peut plus s'accrocher à des territoires qui ne sont pas les nôtres.
J.P. : Le livre affirme que même si Israël fait la paix avec les Palestiniens, la situation du pays ne sera pas stabilisée, notamment parce que, Palestine ou pas, ses voisins lui sont hostiles.
E.B. : Nous n'en savons rien du tout. Et puis, ce n'est pas parce qu'on est hostile qu'on fait la guerre. Je vous l'ai déjà dit, je ne crois pas aux thèses catastrophistes. C'est en pensant comme ça qu'on ne fait rien et que le pire arrive.
Vous savez, les choses progressent. Si on compare la situation actuelle avec celle d'il y a 50 ou 60 ans, on se rend compte qu'elle est bien meilleure aujourd'hui. Même certains pays arabes ont accepté Israël, ils ont réalisé qu'il était moins dangereux que l'Iran ou la Syrie.
J.P. : Rendre les territoires aujourd'hui ne serait-il pas un geste suicidaire pour Israël ?
E.B. : C'est garder les territoires qui est un geste suicidaire.