"J'ai eu deux chocs dans ma vie enfantine : d'abord le personnage de Zorro qui me plaît beaucoup. On a un homme parfaitement respectable d'un côté et de l'autre, Zorro, qui apparaît au moment voulu, et ne se fait jamais prendre dans ses activités heureusement progressistes. La seconde chose c'est la devise de Descartes qui m'a toujours paru extraordinaire : Larvatus prodeo, « J'avance masqué ». Cela veut dire que ce sont des attitudes extraordinairement défensives par rapport à la bouillie sociale, l'école, l'armée, la famille... On a ou on n'a pas ce sentiment très tôt : on a son Paradis qui peut être n'importe quoi, peu importe, et un territoire à défendre autour de ça. La guerre défensive est le sommet de la guerre selon Clausewitz : c'est une guerre de mouvement. « Dans la poésie, c'est toujours la guerre », dit Mandelstam, et ce qui m'étonne toujours, ce sont ces poètes, ces écrivains qui n'ont pas l'air d'être en guerre : mais c'est la guerre!"
mardi 6 avril 2010
Annonce du Comité Valmy.
Appel de l’Arc Républicain de Progrès pour un 29 mai 2010 de combat
dimanche 4 avril 2010, par Comité Valmy
Voir en ligne : Pour signer cet appel : cliquer ici
Humiliée et violentée par un président liberticide aux ordres des grands affairistes, strangulée par une « construction européenne » négatrice des acquis sociaux, de l’emploi productif, des services publics, de la laïcité républicaine et de la souveraineté populaire et nationale, pillée par une oligarchie financière exclusivement soucieuse de ses profits, la France républicaine issue des Lumières, de la Révolution française, des combats du monde ouvrier et des conquêtes de la Libération, est en danger de mort.
L’indépendance nationale n’est plus qu’une farce quand la France est vassalisée par l’oligarchie germano-américaine qui domine l’Union Européenne et que 80% des lois adoptées au parlement sont des directives traduites en français, de cette euro dictature.
La république n’est plus qu’un mot quand l’exécutif bafoue la séparation des pouvoirs, quand la protection sociale est dépecée au nom de l’euro, quand une masse d’ouvriers, d’enseignants, de chercheurs, d’ingénieurs, d’étudiants, d’agriculteurs, d’artisans, de petites et moyennes entreprises, de retraités, se sentent de trop dans leur propre pays transformé en monopoly.
La nation n’est plus que fiction notamment quand le gouvernement, le MEDEF et l’UE basculent notre pays au tout anglais et marginalisent insidieusement la langue de Molière en favorisant la colonisation culturelle du pays.
La « modernité » n’est qu’un leurre grossier quand une part croissante de la jeunesse est vouée au chômage et à la précarité.
Quant au « rôle international de la France », c’est une formule creuse masquant désormais la soumission aveugle de nos gouvernants aux entreprises guerrières de Washington et de l’OTAN qu’il contrôle !
Face à ce renoncement national, l’opposition établie ne critique le pouvoir que pour la forme.
En adoptant au parlement le Traité de Lisbonne, copie conforme de l’euro constitution, la « gauche » officielle a aidé Sarkozy à enterrer le Non à la constitution européenne prononcé par le suffrage universel le 29 mai 2005. Sous des formes plus doucereuses, Europe Écologie et le PS, dont de hauts dirigeants président l’OMC et le FMI, veulent comme Sarkozy dissoudre la République dans l’Europe de la mondialisation financière. La collusion UMP-PS est d’ailleurs si flagrante qu’une masse d’électeurs fait la grève des urnes. Usurpant le drapeau tricolore pour cacher son programme économique néo-libéral, le FN attend son heure pour imposer sa dangereuse, « alternative » ségrégationniste et sans issue, qui insulte et usurpe les trois couleurs de la République !
Confrontés à cette urgence civique, les républicains patriotes, qui soutiennent partout dans le monde la démarche de libération des peuples et des nations, le monde du travail, et les retraités, toutes sensibilités politiques confondues, qui savent encore dire Non, doivent s’unir comme le firent les antifascistes de toutes sensibilités qui fondèrent le Conseil National de la Résistance. Il faut également méditer l’injonction de notre première Constitution Républicaine : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ». Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la violence : c’est au contraire le pouvoir actuel, le plus anti-national et anti-social que notre pays ait subi depuis 70 ans, qui violente la France au nom de sa « rupture » réactionnaire. C’est à l’inverse au nom d’une rupture progressiste et patriotique que le présent Appel invite le peuple français à une insurrection républicaine pacifique et démocratique : car un régime et une U.E. qui font la guerre aux nations souveraines et au monde du travail et qui bafouent les principes de tout contrat social républicain, ne sauraient être légitimes !
C’est pourquoi les initiateurs de cet appel, qu’ils se réclament de Charles de Gaulle, du PCF de Missak Manouchian et d’Ambroise Croizat, de la CGT de Benoît Frachon, du radicalisme de Jean Moulin et de Pierre Mendès France, du socialisme de Jaurès, invitent les Français à s’unir sur les principes d’indépendance nationale, de progrès, de démocratie et de coopération internationale qui inspiraient le programme du Conseil National de la Résistance. Alors que les résistances se multiplient dans le pays, alors que le régime en place est de plus en plus honni, il urge de porter dans les mobilisations sociales les grandes exigences de la rupture progressiste à venir.
Dénonçant le mensonge de « l’Europe sociale », il faut affranchir notre pays de cette prison des peuples qu’est l’Union .Européenne avec son armée impériale, sa monnaie unique (étouffante) asphyxiante, son inféodation à l’OTAN et à la politique belliqueuse de Washington ; en rendant leur souveraineté à la France et aux autres pays d’Europe. Cette rupture républicaine avec l’UE favorisera l’émergence de nouveaux traités internationaux respectueux des peuples et des travailleurs, des traités comparables à ceux de l’ALBA, qui expriment actuellement le processus d’émancipation et d’alliance des peuples et des nations d’Amérique Latine.
Il faut promouvoir une grande politique économique et sociale, relancer le produire en France (industrie, agriculture, pêche…), reconstruire la Recherche, la protection sociale (retraites, sécurité sociale, logement…), l’école laïque et les services publics, mettre en place un secteur nationalisé industriel et bancaire géré démocratiquement, établir un plan national de ré industrialisation du pays et de développement équilibré des territoires ; car l’ennemi de l’environnement n’est pas le travail humain mais la quête effrénée du profit égoïste !
Il faudra en outre restaurer et élargir les acquis sociaux mis en place par le Conseil National de la Résistance, augmenter les revenus issus du travail, établir la justice fiscale, liquider la pauvreté de masse, construire des logements sociaux autrement qu’en ghetto ;
il faut faire vivre une République sociale fondée sur la souveraineté populaire, favoriser la participation populaire aux affaires publiques et au monde du travail, mettre fin à l’euro régionalisation du territoire, garantir la laïcité des institutions ainsi que l’indépendance des médias et leur accès ouvert à tous les courants républicains ;
Sans céder aux communautarismes, la République laïque doit proscrire toute forme de discrimination sociale, raciste, religieuse, idéologique ou sexiste. Ouverte aux apports culturels du monde entier, l’école de la République doit rendre accessible à tous les jeunes le grand patrimoine historique et culturel français, langue y compris, dans sa dimension universaliste et humaniste ;
Loin de persécuter les immigrés, de piller la main-d’œuvre qualifiée des pays du Sud et de laisser les nouveaux négriers exploiter la misère, et servir de la main-d’œuvre « bon marché » au patronat au dépend du maintient de salaires à peine décents, il faut éradiquer les rapports néocoloniaux avec l’Afrique, aider au co-développement des peuples, faire de la Francophonie une arme de résistance à la langue et à la pensée unique mondiale, soutenir les peuples qui luttent pour le droit à disposer d’eux-mêmes et à vivre en paix sans subir blocus, ni occupation militaire ;
En résistant ensemble aux financiers qui dévastent la France à l’abri du prétendu drapeau européen, en construisant sur tout le territoire national une large Convergence Nationale Républicaine, rendons l’espérance à tous ceux qui, en France et dans le monde, veulent briser la dictature de l’Argent Roi pour vivre enfin dans la liberté, l’égalité et la fraternité !
L’Arc Républicain de Progrès appelle à commémorer le Non au référendum du 29 mai 2005 à l’occasion du 5ème anniversaire de cette magnifique expression de la souveraineté populaire qui a été niée illégitimement et violée, en se rassemblant le 29 mai 2010 à 15 heures à Paris devant l’Opéra Bastille.
L’Arc Républicain de Progrès rassemble : le comité Valmy, le Pôle de Renaissance Communiste en France, Résistance et Renouveau Gaulliste, le Front Syndical de Classe en tant que membre associé, le Collectif Républicain des Gaullistes de Gauche, le Rassemblement des Citoyens pour la République ainsi que les Clubs « Penser la France ».
Premières signatures :
• Léon Landini, ancien officier FTP-MOI, officier de la Légion d’honneur, président du Pôle de Renaissance Communiste en France,
• Claude Beaulieu, Président du Comité Valmy,
• Geneviève Blache, animatrice de Résistance et Renouveau Gaulliste, • Georges Gastaud, philosophe, Secrétaire national du PRCF,
• Claude Gaucherand, militant républicain de sensibilité mendésiste,
• Roger Silvain, syndicaliste CGT,
• Gilles Bachelier, animateur du Collectif Républicains des Gaullistes de Gauche,
• Jean-Pierre Page, syndicaliste, ancien membre du Comité Central du PCF,
• Michel Anfrol, ancien journaliste, membre fondateur de Résistance et Renouveau Gaulliste,
• Pierre Pranchère, ancien FTP, ancien député, ancien eurodéputé du PCF, dirigeant du PRCF,
• Alain Corvez, membre fondateur de Résistance et Renouveau Gaulliste,
• Jean Lévy, syndicaliste CGT, membre de la direction du Comité Valmy,
• Jean Luc Pujo, militant républicain et patriote, animateur des clubs « Penser la France »,
• Gérard Euzenot, militant communiste, syndicaliste CGT, membre de la direction du Comité Valmy,
• Jean Claude Ramos, ancien Député socialiste, membre de la direction du Comité Valmy,
• Benoît Foucambert, syndicaliste, FSU,
• Jean- Yves Crevel, membre fondateur de Résistance et Renouveau Gaulliste,
• Annie Lacroix-Riz, historienne, universitaire à Paris VII, membre du PRCF,
• François de la Chevalerie, militant gaulliste, membre de la direction du Comité Valmy,
• Bernard Parquet, syndicaliste CGT,
• Yvonne Bollmann, germaniste, universitaire, membre de la direction du Comité Valmy,
• Jacques Coignard, ancien secrétaire fédéral du PCF 22, dirigeant du PRCF,
• Yvon Grinda, républicain, chevènementiste, co-fondateur du Comité Valmy,
• Denis Griesmar, militant gaulliste, membre de la direction du Comité Valmy
• Vincent Flament, rédacteur en chef d’ "Initiative communiste"
• Gilbert Legay, ancien militant du PS, de sensibilité mendésiste, membre de la Direction du Comité Valmy,
• Thierry Delbos, membre fondateur de Résistance et Renouveau Gaulliste,
• Jacky Olmer, syndicaliste CGT,
• Dr Claude-Emile Tourné, PRCF 66,
• Isabelle Voltaire, militante associative et syndicaliste, membre de la direction du Comité Valmy,
• Dimitri Manessis, syndicaliste étudiant, JRCF 38,
• Karine Van Wynendaele, élue municipale à Lens,
• Philippe Lecreux, militant gaulliste, membre de la direction du Comité Valmy,
• Dany Mismacque, médecin, élu PRCF à Lens ?
• Daniel Antonini, commission internationale du PRCF,
• Danielle Gauthier, syndicaliste CGT,
• Abdallah Benbara, militant communiste, Comité Valmy,
• Gérard Bellebeau, militant républicain, membre de la direction du Comité Valmy,
• Philippe Poncelet, syndicaliste CGT, Comité Valmy,
• Denis Gorteau, animateur de Valeurs et Actions Républicaines,
• Antoine-Robert Frouville, militant républicain,
• Serge Portejoie, militant communiste, Comité Valmy,
• Claude et François Roddier, astrophysiciens, militants républicains, Comité Valmy,
• Jack Simonnet, ancien militant MdC, Comité Valmy,
• Alain Chancogne, militant du communisme, ex dirigeant du PCF,
• François VECHART Secrétaire de l’ARC de Lorraine et d’Alsace,
• Marie Ribbens, militante PRCF, 59500 Douai,
• Louis Delanef, militant républicain, Comité Valmy, Nice,
• Robert Rondeau, Maire Honoraire de Guyancourt, PRCF,
• Alain Rondeau, Guyancourt, PRCF,
• Guillaume Beaudoin Paris, co-animateur du Collectif Unitaire Républicain de Résistance, d’Initiative et d’émancipation linguistique, ( C.O.U.R.R.I.E.L ),
• Luc WAJS, président d’association, militant CGT, membre de la direction du PRCF,
• Paul Genestie, militant communiste et républicain, membre du Comité Valmy,
• Michel Connangle, Mouvement de la paix retraité, CGT,
• Christian François, retraité EDF-GDF, ancien militant communiste et syndicaliste et toujours volontaire pour agir pour un vrai changement, sans récupération des intéressé(e)s de la politique…,
• Audebert Pascale - Assistante Ergonomie en Médecine du Travail - Syndicaliste CGT,
• Jany Sanfelieu, militante du PRCF,
• John Groleau, républicain, Comité Valmy,
• Thibaud de la Hosseraye, militant gaulliste,
• Joël VUYLSTEKER, secrétaire de section SNES-FSU, membre du CA du FSC, militant au PRCF-Lille.
• Jacques Maillard, syndicaliste FSU, chercheur en physuae au CNRS
• Danielle Aubert, Saint –Mitre les remparts 13920, Comité Valmy,
• Albert Salon, docteur d’Etat ès lettres, ancien Ambassadeur, président du FFI-France,
• GUY POUSSY, ancien membre du Comité Central du PCF, Conseiller général honoraire du Val de Marne,
• Daniel Rougerie, militant communiste,
• Marc Brunet, 84.205 Le Thor,
• Paul-Éric BLANRUE, historien, essayiste, fondateur du Cercle zététique, journaliste au magazine Historia (Venise/Paris)
• Marie-Ange Pector, ingénieur en informatique et musicienne, déléguée syndicale CGT,
• Paul-Éric BLANRUE, historien, essayiste, fondateur du Cercle zététique, journaliste au magazine Historia (Venise/Paris)
• Marie-Ange Pector, ingénieur en informatique et musicienne, déléguée syndicale CGT,
• Aline Quéant, petite-fille de l’écrivain et résistant Jean Prévost et présidente de Cuba Si France Bretagne
• Samuel SCHWEIKERT, ingénieur, porte-parole de la fédération du Rhône du M’PEP,
• Stéphane Remaud, Attaché territorial, PARIS 13ème,
• Michel Debray, marin de l’Etat pendant 37 ans, républicain, ancien président de l’Institut Charles de Gaulle (qui n’existe plus) ,
• Bruno ARFEUILLE,
• Elianne Pessel, militante MRC, Comité Valmy,
Appel à signatures : Cette première liste de signataires n’est pas exhaustive, elle est de plus ouverte à tout citoyen d’accord avec le contenu de cet appel.
Il est possible d’adresser les signatures à info@comite-valmy.org
Le pouvoir totalitaire de l'argent, par Charles Marx.
« L'argent, qui possède la qualité de pouvoir tout acheter et de s'approprier tous les objets, est par conséquent l'objet dont la possession est la plus éminente de toutes. Universalité de sa qualité est la toute-puissance de son être ; il est donc considéré comme l'être tout-puissant. L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de vivre de l'homme. Mais ce qui me sert de médiateur pour ma propre vie me sert également de médiateur pour l'existence d'autrui. Mon prochain, c'est l'argent.
Shakespeare dans Timon d'Athènes :
"De l'or! De l'or jaune, étincelant, précieux ! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un soupirant frivole... Ce peu d'or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs; il arrachera l'oreiller de dessous la tête des mourants; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs; c'est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations..."
Shakespeare peint magistralement l'argent.
Shakespeare dans Timon d'Athènes :
"De l'or! De l'or jaune, étincelant, précieux ! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un soupirant frivole... Ce peu d'or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs; il arrachera l'oreiller de dessous la tête des mourants; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs; c'est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations..."
Shakespeare peint magistralement l'argent.
Ce que je peux m'approprier grâce à l'argent, ce que je peux payer, autrement dit ce que l'argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l'argent. Les qualités de l'argent sont mes qualités et mes forces essentielles en tant que possesseur d'argent. Ce que je suis et ce que je puis, ce n'est nullement mon individualité qui en décide. Je suis laid, mais je puis m'acheter la femme la plus belle. Je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante est annulée par l'argent. Personnellement je suis paralytique mais l'argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas paralytique. Je suis méchant, malhonnête, dépourvu de scrupules, sans esprit, mais l'argent est vénéré, aussi le suis-je de même, moi, son possesseur. L'argent est le bien suprême, donc son possesseur est bon ; au surplus, l'argent m'évite la peine d'être malhonnête et l'on me présume honnête. Je n'ai pas d'esprit, mais l'argent étant l'esprit réel de toute chose, comment son possesseur manquerait-il d'esprit ? Il peut en outre s'acheter les gens d'esprit, et celui qui est le maître des gens d'esprit n'est-il pas plus spirituel que l'homme d'esprit ? Moi qui puis avoir, grâce à l'argent, tout ce que désire un cœur humain, ne suis-je pas en possession de toutes les facultés humaines ? Mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ?
Si l'argent est le lien qui me relie à la vie humaine, à la société, à la nature et aux hommes, l'argent n'est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas nouer et dénouer tous les liens ?
Shakespeare fait ressortir surtout deux propriétés de l'argent : C'est la divinité visible, la métamorphose de toutes les qualités humaines et naturelles en leur contraire, la confusion et la perversion universelles des choses. L'argent concilie les incompatibilités. C'est la prostituée universelle, l'entremetteuse générale des hommes et des peuples. »
Karl Marx, Manuscrits de 1844.
Très intéressant texte de Jean Bricmont sur la postérité et les conséquences des Lumières.
Les Lumières dans l'histoire
Si on veut s'attaquer aujourd'hui aux Lumières ou à « l' idée de progrès », il faut, pour ainsi dire, prendre un ticket et faire la queue. Les penseurs des Lumières avaient l'espoir que le remplacement d'une vision religieuse du monde par une vision scientifique mènerait à une amélioration des conditions de vie de l'humanité et, grâce à un dépassement des préjugés et une démocratisation des institutions sociales, à une amélioration morale du genre humain. Mais l'exploitation forcenée des travailleurs dans le capitalisme du 19ème siècle, l'impérialisme et les expéditions coloniales, les guerres et massacres au 20ème siècle, l'histoire des fascismes, les heurts et malheurs du communisme, et aujourd'hui, le catastrophisme écologique (1) , ont peu à peu tempéré la vision optimiste du 18ème siècle et, finalement, encouragé un sentiment généralisé de déception face à la modernité.
Jean-Jacques Rousseau
Ce sentiment a engendré une « gauche postmoderne », qui, estimant que le projet des Lumières a échoué, cherche à refonder une attitude qui se veut progressiste mais qui se distance fortement de la gauche classique en ce qui concerne la rationalité et la science. Philosophiquement, elle a tendance à être relativiste, à la fois sur le plan des connaissances et des valeurs; les mythes et les religions, loin de devoir être combattus, sont défendus au nom du respect des « différences », ou des « autres cultures », qui représentent un point de vue dont la validité ne peut être contestée par la science, perçue comme occidentale, machiste ou impérialiste. Politiquement, cette gauche se méfie du « progrès » et de la technologie, privilégie l'individu sur les masses, la marginalité et la révolte sur la révolution ou les réformes. La naissance de ce postmodernisme se situe dans la période autour de 1968 et son empreinte se remarque principalement dans la « nouvelle gauche », écologiste, libertaire, féministe etc. qui est issue de cette période (ce qui ne veut pas dire qu'on ne trouve pas dans ces mouvements de nombreuses exceptions qui échappent au paradigme postmoderne)
A certains égards, cette gauche postmoderne rejoint la droite classique, réactionnaire ou conservatrice; en effet, celle-ci, par opposition à la droite libérale, a toujours considéré que, l'être humain étant ce qu'il est, les promesses émancipatrices des Lumières étaient illusoires. Certes, des progrès techniques existent, mais la nature humaine ne change pas et il n'y a donc pas de véritable progrès moral. Ce qui implique également qu'agiter de telles promesses mène inévitablement à des catastrophes: Terreur, Goulag, pertes des valeurs dans le consumérisme contemporain ou désastre écologique global. Bien sûr, la gauche postmoderne se distingue de la droite réactionnaire/conservatrice par son emphase sur le subjectivisme et la liberté individuelle et par son rejet de l'idée de nature humaine, mais elle partage son pessimisme concernant les projets d'émancipation collectifs, surtout ceux fondés sur une démarche rationaliste.
Répondre à ces objections n'est pas aisé et on ne peut certainement pas y apporter une solution simple et globale.
Tout d'abord, il ne faut pas voir le point de vue des Lumières comme ayant « pris le pouvoir » lors des révolutions démocratiques en Europe. Des progrès essentiels ont été accomplis à cette époque, principalement la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ainsi que l'instauration de certaines formes de liberté d'expression et de démocratie, mais le point de vue des Lumières n'a que très rarement été hégémonique dans les sociétés occidentales (et certainement pas à l'échelle mondiale).
Les héritiers des Lumières se sont divisés, à partir du 19ème siècle, en gros, en deux catégories, les libéraux et les socialistes, les premiers considérant que l'essentiel avait été accompli par les révolutions démocratiques et la libéralisation des marchés, les seconds considérant que les promesses des Lumières ne pourraient véritablement se réaliser que par le contrôle démocratique sur l'économie et la socialisation des moyens de production.
Malgré leurs différences, libéraux et socialistes partageaient une « croyance dans le progrès » et une forte sympathie pour la science et la raison. Mais ils étaient loin d'épuiser le spectre politique: face à eux, on trouve les monarchistes, les féodaux, les nationalistes, les cléricaux, les fascistes, et, aujourd'hui, les néo-conservateurs (2) (ce qui, mis ensemble, fait beaucoup de monde). On peut difficilement reprocher aux héritiers des Lumières tout ce qui s'est passé depuis le 18ème siècle, y compris leurs défaites, comme par exemple les victoires des fascismes ou les différentes époques de réaction cléricales ou aristocratiques.
Par contre, même si la causalité en histoire est compliquée à déterminer, on peut raisonnablement penser que les idées des Lumières ont joué un rôle important dans l'abolition de l'esclavage, les progrès de la démocratie, le développement des syndicats et de la sécurité sociale, l'émancipation des femmes et la libéralisation des moeurs, l'élaboration du droit international et la décolonisation.
De plus, le 20ème siècle tant décrié a été celui où a été résolu, en principe, le problème de la mortalité infantile, qui est sans doute la pire tragédie dont a souffert l'humanité au cours de son histoire. Bien sûr, il y a encore beaucoup de pauvres dans le monde, et donc de mortalité infantile, mais si l'humanité est passée de 2 milliards à 6 milliards entre 1945 et aujourd'hui, c'est bien parce que l'hygiène, la vaccination et les progrès de l'agriculture ont permis en principe d'endiguer ce fléau. Cette solution a inévitablement engendré un autre problème: l'explosion démographique. Ce qui peut néanmoins nous rendre optimiste, c'est que ce nouveau problème a aussi été résolu, en principe, en plus ou moins un demi-siècle, par la contraception et le planning familial. La population mondiale continuera à croître dans les décennies à venir, par une sorte d'effet d'inertie, mais sa croissance n'est plus incontrôlée, et cela sans famines ou guerres massives.
Par ailleurs, si l'on considère la mortalité due à la guerre, on constate qu'elle est beaucoup plus élevée (de 20 à 60%) dans des sociétés traditionnelles de Nouvelle Guinée ou d' Amazonie qu'en Europe et aux EU au 20ème siècle, ce qui montre que, contrairement au mythe du bon sauvage, les sociétés modernes sont bien moins violentes que celles vivant dans « l'état de nature » (3) . De même, si l'on regarde le revenu par habitant en Inde, par exemple, celui-ci a augmenté de 250% entre 1950 et 1995, malgré la forte explosion démographique (4) , ce qui indique que les fruits des progrès technologiques ne sont pas limités aux pays occidentaux.
Jean Bricmont
Néanmoins, la plus grande transformation sociale du 20ème siècle a été la décolonisation. Elle a inversé le mouvement, remontant au 16ème siècle, de domination occidentale du monde et a initié un processus de rattrapage accéléré de l'Occident par les pays anciennement colonisés. Les révolutions russe et chinoises devraient d'ailleurs être comprises dans cette perspective, celle d'une émancipation du joug féodal et étranger et d'une industrialisation rapide, au-delà de la rhétorique « socialiste » (5).
Mais ce rattrapage pose aujourd'hui de sérieux problèmes à l'Occident, qui est plus dépendant du reste du monde, pour les matières premières, mais aussi pour les produits manufacturés et même les « cerveaux » (qui viennent suppléer aux carences de nos systèmes d'enseignement), qu'il ne l'était à l'époque coloniale.
Lors de négociations sur les importations en Europe de leurs textiles, les Chinois ont fait remarquer qu'ils devaient vendre vingt millions de chemises pour acheter un Airbus. Soit; mais quand les Chinois fabriqueront des Airbus, à quel prix devrons-nous leur acheter nos chemises, ou devrons-nous les fabriquer à nouveau nous-mêmes ?
Le problème principal auquel nous devons faire face est celui de l'adaptation à notre déclin, c'est-à-dire d'une transition pacifique à un monde post-colonial, ce qui suppose à la fois de renoncer aux aventures militaires et aux confrontations et de développer une forme d'économie qui cesse de dépendre d'une exploitation des ressources d'un monde que nous ne contrôlons plus.
Mais pour cela, comme pour résoudre les problèmes écologiques, nous avons besoin de plus de science et de technologie, pas de moins. La réaction postmoderne est peut-être une réaction de dépit face à la perte de notre hégémonie, un peu comme les réactions anti-modernes faisaient suite à la défaite militaire dans l'Allemagne d'après 1918. Il est possible que l'avenir des Lumières se trouve dans les nations émergentes du tiers-monde et que, dans celles qui leur ont donné naissance, elles finissent comme pièces de musée, que l'on admire avec nostalgie ou que l'on rejette avec mépris.
Jean Bricmont, article publié dans Espaces de liberté, février 2010 (Belgique).
Notes :
1- Bernard Méheust a donné récemment dans ces colonnes un exemple de ce mode de pensée quand il dit « le chemin d’Auschwitz passe par les abattoirs de Chicago »; Espace de Libertés, pp. 20-21, n°382, janvier 2010, « Les cataclysmes insensés ». Interview de B. Méheust par Jean Sloover.
2 - Voir Shadia B. Drury, Leo Strauss and the American Right, New York, St Martin's Press, 1999.3 - Voir Steven Pinker, Comprendre la nature humaine, Paris, Odile Jacob, 2005.
4 - Voir Bipan Chandra, Mridula Mukherjee, Aditya Mukherjee, India after Independence, 1947-2000, p. 500-502, New Dehli, Penguin, 2000. On constate aussi un progrès si l'on mesure la quantité de nourriture ou de vêtement par habitant.
5 - Comme l'a observé très tôt Bertrand Russell, les bolcheviques peuvent être critiqués s'ils « se donnent pour être les alliés du socialisme occidental », mais « dépouillés de leur camouflage et en les considérant comme les successeurs de Pierre-le-Grand, ils accomplissent une tache nécessaire, quoique ingrate. » Voir Bertrand Russell, La Pratique et la théorie du bolchevisme, Paris, Ed. de la sirène, 1921.
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