dimanche 21 mars 2010

L'autre info du jour.


le printemps 1978 - michel fugain et le big bazar
envoyé par damienmailis. - Clip, interview et concert.

From Pistache Momo.

Bilan du second tour.

Ce qu’il faut retenir du second tour





C’est le paradoxe de cette élection: le baromètre présidentiel est tourné vers l’Alsace, l’une des deux seules régions métropolitaines dirigées par la droite depuis 2004. La probable victoire de l’UMP dans cette région permet certes au parti présidentiel de conserver le statu quo et sauver l’honneur, mais les estimations dans les autres régions indiquent que la majorité n’est pas loin de vivre un désastre, même avec l’Alsace dans la besace.
Selon les estimations nationales, les listes de gauche obtiendraient 58-59% des suffrages (Sofrès), celles de droite de 41-42%. Dans le cas des triangulaires, les listes de gauche sont créditées de 49%, celle de la majorité présidentielle de 33,5% et de 17,5% pour le FN qui continuerait à progresser dans les 12 régions où il s’est maintenu. Au second tour de 2004, les listes de gauche avaient rassemblé 49,9% des voix, celles de droite 36,8 et les listes frontistes 12,4% environ.
Certes, la règle veut que le second tour confirme le premier (en dehors des législatives de 1978, il n’y a jamais eu d’inversion de tendance), mais ce dimanche, la défaite du parti présidentiel est d’autant plus cuisante que la participation entre les deux tours a augmenté.
L’UMP avait bien tenté de mobiliser son électorat traditionnel —celui qui l’avait boudé il y a une semaine— et de «gratter» une partie des électeurs du FN en frappant fort sur le thème de l’insécurité.
La réponse des électeurs dimanche 14 mars, même si elle est multiple, n’est en tout cas pas celle que les ténors du parti présidentiel attendait.

La participation

Une fois encore les sondeurs se sont lourdement trompés. Au moins ceux qui avaient prévu une augmentation de l’abstention. Réalisé les 17 et 18 mars, un sondage CSA prévoyait même qu’elle serait non seulement en progression mais plus forte encore à droite qu’à gauche, malgré les appels de la majorité à la mobilisation
Seule une augmentation sensible de la participation pouvait permettre à la majorité présidentielle de diminuer les dégâts. La dynamique de victoire amplifiée par la fusion quasi générale des listes du PS avec celles des écologistes ou du Front de gauche lui donnait environ 20 points de retard dans les sondages. Elle ressort selon les premières estimations nationales à 18 points.
Atone avant le 14 mars, la campagne aura finalement démarré entre les deux tours et les appels à la mobilisation, dans les deux camps, ont été en partie entendus. L’abstention recule de six points par rapport au premier tour, à 47,5%. On peut s’en réjouir, même si la participation reste une des plus faibles jamais enregistrée pour ce scrutin.

Le petit chelem pour la gauche

Il y a six ans, deux régions métropolitaines avaient résisté à la vague rose, l’Alsace et la Corse. En 2010, après sa victoire du premier tour (plus de 50 % des suffrages exprimés) et la fusion des listes PS/Europe Ecologie/ Front de gauche dans la quasi-totalité des 22 régions métropolitaines, la gauche visait une «victoire totale».
Elle remporte une victoire éclatante et indéniable mais pourrait se retrouver paradoxalement à la tête du même nombre de régions métropolitaines qu’en 2004.
Autre ombre au tableau, le Languedoc-Roussillon où Georges Frêche (divers gauche) remporte un nouveau mandat. Malgré une position alambiquée (le PS appelle à faire barrage à la droite mais n’inclura pas à son tableau de chasse une région qui serait dirigée par un homme exclu de ses rangs pour dérapage verbal).
Le résultat de dimanche est en tout cas annonciateur d’une union simplifiée à gauche, à deux ans de la présidentielle: exit le MoDem, laminé dès dimanche dernier, bonjour les écolos. «La gauche se dote d’une nouvelle colonne vertébrale, diagnostiquait Jean-Christophe Cambadélis, le «mécanicien» de l’ex-gauche plurielle dans Libération. On passe de l’axe PS-PCF, ouvert aux Verts, à l’axe PS-écologistes, ouvert au PCF.» Les programmes socialiste et verts ne sont pas forcément toujours compatibles, mais il semble que les bulletins roses et verts, eux, le soient. Contrairement aux espoirs de l’UMP.
L’accord de fusion des listes conclu nationalement a en effet bien fonctionné dans les urnes puisque les électeurs d’EE —séduits par la ligne du parti «non à l’hégémonisme du PS, oui à l’autonomie»— ont suivi. Les 12,5% d’EE obtenu au 1er tour, après le très bon score des européennes de 2009, ont pacifié les rapports entre les deux mouvements.
Si cette victoire a réglé la question du leadership à gauche, elle va peut-être régler celui de la direction du PS. Martine Aubry, la première secrétaire du parti, sort renforcée par l’ampleur de la victoire aux régionales. Ségolène Royal, créditée de 61% des suffrages selon la Sofrès, réalise un très beau score, en hausse par rapport à son résultat de 2004. Absente de la scène nationale, l’ancienne candidate à la présidentielle s’était concentrée sur le Poitou-Charentes. Mais sera-t-elle créditée du meilleur score des candidats de gauche nécessaire pour marquer les esprits au siège du PS? Selon certains sondages, elle serait devancée par d’autres présidents socialistes sortant.
Moral au beau fixe pour la gauche donc, qui sait aussi que la victoire de 2004, tout aussi large que celle de ce dimanche, ne s’était pas traduite par une victoire à la présidentielle de 2007. Comme si cette cohabitation locale/nationale (les régions et les grandes villes à gauche, la présidence et les assemblées à droite) plaisait aux Français…

Pour l’UMP, la douche

Au soir du premier tour qui a vu les listes de la majorité présidentielle parvenir en tête dans dix régions, la droite ne pouvait plus que (follement) rêver n’emporter que la Basse-Normandie, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, la Réunion, la Guyane et l’Alsace. Outre une faible réserve de voix dans les duels droite gauche (les électeurs FN préféreraient l’abstention au vote UMP), la majorité présidentielle a dû composer avec 12 triangulaires où est présent le Front national. Une configuration qui lui est presque fatale à tout coup.
Malgré la probable victoire alsacienne, en Guyane, et Réunion, Nicolas Sarkozy est le grand perdant de la soirée. Ces élections à mi-mandat ne sont généralement pas favorables au parti au pouvoir et pas annonciateur d’une victoire de l’opposition en 2012, mais le chef de l’Etat va devoir répondre à ce mécontentement multiple affiché à l’occasion de ces deux tours. Y compris au sein même de sa majorité: l’ouverture, la stratégie d’union, le style et la méthode de gouvernance, le rythme des réformes, etc… Après avoir longtemps pensé que le scrutin de 2010 ne pouvait pas être perdu, le chef de l’Etat avait tout fait pour minimiser la portée du vote («Que les choses soient bien claires. Le scrutin des 14 et 21 mars est un scrutin régional: ses conséquences seront donc régionales»). Y compris dans ces dernières heures. Ainsi, le remaniement «prévu dans les jours qui viennent», avait prévenu samedi Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, dans la Croix, sera «modeste» et «technique». Le restera-t-il vu l’ampleur de la défaite?

Le FN, l’autre vainqueur

Après s’être rappelé à l’existence de la droite le 14 mars, le parti de Jean-Marie Le Pen, plus surprenant, progresserait à l’occasion de ce second tour. Avec 7% des suffrages selon les estimations nationales, le Front ferait mieux dans les douze régions dans lesquels il était encore présent. Avec 24% en Paca (estimation), Le Pen qui faisait ici sa dernière campagne, améliore de 4 points son score du 1er tour. Idem pour le Nord-Pas-de-Calais pour Marine Le Pen (22%, +4). Dans le département du Pas-de-Calais, elle dépasse même la candidate UMP Valérie Létard (24,4 contre 22,6). Dans le duel à distance pour la succession du leader frontiste, elle fait mieux que son rival Bruno Gollnisch. Avec 15% des suffrages (estimation Sofrès) en Rhône-Alpes, il ne progresse que d’un point par rapport au premier tour.
Clairement, le FN a clairement bénéficié à la fois du débat sur l’identité nationale et de celui sur l’insécurité. En 2004, le FN avait été crédité de 12% des suffrages nationaux alors qu’il avait été en mesure de se maintenir dans 17 régions contre 12 hier.

Johan Hufnagel

En ce second tour des Régionales, il semblerait que ce soit l'un des messages qu'adressent les Français à leur président de la République...

Dieudonné chez Picouly.


Dieudonné et Gaccio dans Café Picouly
envoyé par patria_o_muerte. - Regardez les vidéos des stars du web.

Remarque personnelle de Paul-Éric Blanrue concernant la supercherie de la "Maison des esclaves" de Gorée :
- Lire l'article du Monde intitulé « Le mythe de la Maison des esclaves qui résiste à la réalité » (27 décembre 1996, « Gorée, de notre envoyé spécial, Emmanuel de Roux ») ; de Roux y écrivait : "Le problème, c'est que tout est faux, ou presque, comme l'expliquent Abdoulaye Camara et le Père de Benoist, un jésuite, historien, chercheur à l'IFAN. La maison, parfaitement identifiée, n'a rien de hollandais. Elle a été construite par les Français, en 1783, pour Anna Colas, une signare – riche dame métisse – quand la traite tirait à sa fin. Les pièces du bas ont peut-être servi de logements à des esclaves domestiques mais sûrement pas à la traite. C'étaient essentiellement des entrepôts à marchandises (...) La légende de la Maison aux esclaves doit tout à l'indéniable talent de Joseph N'Diaye qui a mis une douzaine d'années à forger un mythe qui, aujourd'hui, a force de loi. »
- Lire l'historien Jean-François Forges, qui dénonce, à son tour, en 1997, le mythe de la Maison des esclaves de l'île de Gorée. Il écrit notamment : « C'est un mythe qui dit cependant une vérité fondamentale. Encore faudrait-il en informer les touristes » (Eduquer contre Auschwitz / Histoire et Mémoire, ESF éditeur, 1997, p. 67, n. 33) ;
- Écouter l'émission du dimanche 18 avril 1998, entre 9h et 10h, sur France-Inter. On y évoque le caractère fallacieux de cette « Maison des esclaves », mais l'on conclut que la charge symbolique en est telle qu'il serait indécent d'aller se soucier de la vérité historique.
- Voir enfin l'histoire de cette supercherie ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_des_Esclaves

La censure en France....

L'Express du 11 mars. Merci David.

Ramper est un art. Avis aux amateurs...



ESSAI SUR L’ART DE RAMPER,

à l’usage des Courtisans

 


Facétie philosophique tirée des manuscrits de
Paul-Henri Thiry, baron d’Holbach (1723-1789). 

L’homme de Cour est sans contredit la production la plus curieuse que montre l’espèce humaine. C’est un animal amphibie dans lequel tous les contrastes se trouvent communément rassemblés. Un philosophe danois compare le courtisan à la statue composée de matières très différentes que Nabuchodonosor vit en songe. « La tête du courtisan est, dit-il, de verre, ses cheveux sont d’or, ses mains sont de poix-résine, son corps est de plâtre, son cœur est moitié de fer et moitié de boue, ses pieds sont de paille, et son sang est composé d’eau et de vif-argent. »
Il faut avouer qu’un animal si étrange est difficile à définir ; loin d’être connu des autres, il peut à peine se connaître lui-même ; cependant il paraît que, tout bien considéré, on peut le ranger dans la classe des hommes, avec cette différence néanmoins que les hommes ordinaires n’ont qu’une âme, au lieu que l’homme de Cour paraît sensiblement en avoir plusieurs. En effet, un courtisan est tantôt insolent et tantôt bas ; tantôt l’avarice la plus sordide et de l’avidité la plus insatiable, tantôt de la plus extrême prodigalité, tantôt de l’audace la plus décidée, tantôt de la plus honteuse lâcheté, tantôt de l’arrogance la plus impertinente, et tantôt de la politesse la plus étudiée ; en un mot c’est un Protée, un Janus, ou plutôt un Dieu de l’Inde qu’on représente avec sept faces différentes.
Quoi qu’il en soit, c’est pour ces animaux si rares que les Nations paraissent faites ; la Providence les destine à leurs menus plaisirs ; le Souverain lui-même n’est que leur homme d’affaires ; quand il fait son devoir, il n’a d’autre emploi que de songer à contenter leurs besoins, à satisfaire leurs fantaisies ; trop heureux de travailler pour ces hommes nécessaires dont l’État ne peut se passer. Ce n’est que pour leur intérêt qu’un Monarque doit lever des impôts, faire la paix ou la guerre, imaginer mille inventions ingénieuses pour tourmenter et soutirer ses peuples. En échange de ces soins les courtisans reconnaissants payent le Monarque en complaisances, en assiduités, en flatteries, en bassesses, et le talent de troquer contre des grâces ces importantes marchandises est celui qui sans doute est le plus utile à la Cour.
Les philosophes qui communément sont gens de mauvaise humeur, regardent à la vérité le métier de courtisan comme bas, comme infâme, comme celui d’un empoisonneur. Les peuples ingrats ne sentent point toute l’étendue des obligations qu’ils ont à ces grands généreux, qui, pour soutenir leur Souverain en belle humeur, se dévouent à l’ennui, se sacrifient à ses caprices, lui immolent continuellement leur honneur, leur probité, leur amour-propre, leur honte et leurs remords ; ces imbéciles ne sentent donc point le prix de tous ces sacrifices ? Ils ne réfléchissent point à ce qu’il en doit coûter pour être un bon courtisan ? Quelque force d’esprit que l’on ait, quelqu’encuirassée que soit la conscience par l’habitude de mépriser la vertu et de fouler aux pieds la probité, les hommes ordinaires ont toujours infiniment de peine à étouffer dans leur cœur le cri de la raison. Il n’y a guère que le courtisan qui parvienne à réduire cette voix importune au silence ; lui seul est capable d’un aussi noble effort.
Si nous examinons les choses sous ce point de vue, nous verrons que, de tous les arts, le plus difficile est celui de ramper. Cet art sublime est peut-être la plus merveilleuse conquête de l’esprit humain. La nature a mis dans le cœur de tous les hommes un amour-propre, un orgueil, une fierté qui sont, de toutes les dispositions, les plus pénibles à vaincre. L’âme se révolte contre tout ce qui tend à la déprimer ; elle réagit avec vigueur toutes les fois qu’on la blesse dans cet endroit sensible ; et si de bonne heure on ne contracte l’habitude de combattre, de comprimer, d’écraser ce puissant ressort, il devient impossible de le maîtriser. C’est à quoi le courtisan s’exerce dans l’enfance, étude bien utile sans doute que toutes celles qu’on nous vante avec emphase, et qui annonce dans ceux qui ont acquis ainsi la faculté de subjuguer la nature une force dont très peu d’êtres se trouvent doués. C’est par ces efforts héroïques, ces combats, ces victoires qu’un habile courtisan se distingue et parvient à ce point d’insensibilité qui le mène au crédit, aux honneurs, à ces grandeurs qui font l’objet de l’envie de ses pareils et celui de l’admiration publique.
Que l’on exalte encore après cela les sacrifices que la Religion fait faire à ceux qui veulent gagner le ciel ! Que l’on nous parle de la force d’âme de ces philosophes altiers qui prétendent mépriser tout ce que les hommes estiment ! Les dévots et les sages n’ont pu vaincre l’amour-propre ; l’orgueil semble très compatible avec la dévotion et la philosophie. C’est au seul courtisan qu’il est réservé de triompher de lui-même et de remporter une victoire complète sur les sentiments de son cœur. Un parfait courtisan est sans contredit le plus étonnant de tous les hommes. Ne nous parlez plus de l’abnégation des dévots pour la Divinité, l’abnégation véritable est celle d’un courtisan pour son maître ; voyez comme il s’anéantit en sa présence ! Il devient une pure machine, ou plutôt il n’est plus rien ; il attend de lui son être, il cherche à démêler dans ses traits ceux qu’il doit avoir lui-même ; il est comme une cire molle prête à recevoir toutes les impressions qu’on voudra lui donner.
Il est quelques mortels qui ont la roideur dans l’esprit, un défaut de souplesse dans l’échine, un manque de flexibilité dans la nuque du cou ; cette organisation malheureuse les empêche de se perfectionner dans l’art de ramper et les rend incapables de s’avancer à la Cour. Les serpens et les reptiles parviennent au haut des montagnes et des rochers, tandis que le cheval le plus fougueux ne peut jamais s’y guinder. La Cour n’est point faite pour ces personnages altiers, inflexibles, qui ne savent ni se prêter aux caprices, ni céder aux fantaisies, ni même, quand il en est besoin, approuver ou favoriser les crimes que la grandeur juge nécessaires au bien être de l’État.
Un bon courtisan ne doit jamais avoir d’avis, il ne doit avoir que celui de son maître ou du ministre, et sa sagacité doit toujours le lui faire pressentir ; ce qui suppose une expérience consommée et une connaissance profonde du cœur humain. Un bon courtisan ne doit jamais avoir raison, il ne lui est point permis d’avoir plus d’esprit que son maître ou que le distributeur de ses grâces, il doit bien savoir que le Souverain et l’homme en place ne peuvent jamais se tromper.
Le courtisan bien élevé doit avoir l’estomac assez fort pour digérer tous les affronts que son maître veut bien lui faire. Il doit dès la plus tendre enfance apprendre à commander à sa physionomie, de peur qu’elle ne trahisse les mouvements secrets de son cœur ou ne décèle un dépit involontaire qu’une avanie pourrait y faire naître. Il faut pour vivre à la Cour avoir un empire complet sur les muscles de son visage, afin de recevoir sans sourciller les dégoûts les plus sanglans. Un boudeur, un homme qui a de l’humeur ou de la susceptibilité ne saurait réussir.
En effet, tous ceux qui ont le pouvoir en main prennent communément en fort mauvaise part que l’on sente les piqûres qu’ils ont la bonté de faire ou que l’on s’avise de s’en plaindre. Le courtisan devant son maître doit imiter ce jeune Spartiate que l’on fouettait pour avoir volé un renard ; quoique durant l’opération l’animal caché sous son manteau lui déchirât le ventre, la douleur ne put lui arracher le moindre cri. Quel art, quel empire sur soi-même ne suppose pas cette dissimulation profonde qui forme le premier caractère du vrai courtisan ! Il faut que sans cesse sous les dehors de l’amitié il sache endormir ses rivaux, montrer un visage ouvert, affectueux, à ceux qu’il déteste le plus, embrasser avec tendresse l’ennemi qu’il voudrait étouffer ; il faut enfin que les mensonges les plus impudents ne produisent aucune altération sur son visage.
Le grand art du courtisan, l’objet essentiel de son étude, est de se mettre au fait des passions et des vices de son maître, afin d’être à portée de le saisir par son faible : il est pour lors assuré d’avoir la clef de son cœur. Aime-t-il les femmes ? il faut lui en procurer. Est-il dévot ? il faut le devenir ou se faire hypocrite. Est-il ombrageux ? il faut lui donner des soupçons contre tous ceux qui l’entourent. Est-il paresseux ? il ne faut jamais lui parler d’affaires ; en un mot il faut le servir à sa mode et surtout le flatter continuellement. Si c’est un sot, on ne risque rien à lui prodiguer les flatteries même qu’il est le plus loin de mériter ; mais si par hasard il avait de l’esprit ou du bon sens, ce qui est assez rarement à craindre, il y aurait quelques ménagements à prendre.
Le courtisan doit s’étudier à être affable, affectueux et poli pour tous ceux qui peuvent lui aider et lui nuire ; il ne doit être haut que pour ceux dont il n’a pas besoin. Il doit savoir par cœur le tarif de tous ceux qu’il rencontre, il doit saluer profondément la femme de chambre d’une Dame en crédit, causer familièrement avec le suisse ou le valet de chambre du ministre, caresser le chien du premier commis ; enfin il ne lui est pas permis d’être distrait un instant ; la vie du courtisan est une étude continuelle.
Un véritable courtisan est tenu comme Arlequin d’être l’ami de tout le monde, mais sans avoir la faiblesse de s’attacher à personne ; obligé même de triompher de l’amitié, de la sincérité, ce n’est jamais qu’à l’homme en place que son attachement doit cesser aussitôt que le pouvoir cesse. Il est indispensable de détester sur-le-champ quiconque a déplu au maître ou au favori en crédit.
Que l’on juge d’après cela si la vie d’un parfait courtisan n’est pas une longue suite de travaux pénibles. Les Nations peuvent-elles payer trop chèrement un corps d’hommes qui se dévoue à ce point pour les services du Prince ? Tous les trésors des peuple suffisent à peine pour payer des héros qui se sacrifient entièrement au bonheur public ; n’est-il pas juste que des hommes qui se damnent de si bonne grâce pour l’avantage de leurs concitoyens soient au moins bien payés en ce monde ?
Quel respect, quelle vénération ne devons-nous pas avoir pour ces êtres privilégiés que leur rang, leur naissance rend naturellement si fiers, en voyant le sacrifice généreux qu’ils font sans cesse de leur fierté, de leur hauteur, de leur amour-propre ! Ne poussent-ils pas tous les jours ce sublime abandon d’eux-mêmes jusqu’à remplir auprès du Prince les mêmes fonctions que le dernier des valets remplit auprès de son maître ? Ils ne trouvent rien de vil dans tout ce qu’ils font pour lui ; que dis-je ? Ils se glorifient des emplois les plus bas auprès de sa sacrée personne ; ils briguent nuit et jour le bonheur de lui être utiles, ils le gardent à vue, se rendent les ministres complaisants de ses plaisirs, prennent sur eux ses sottises ou s’empressent de les applaudir ; en un mot, un bon courtisan est tellement absorbé dans l’idée de son devoir, qu’il s’enorgueillit souvent de faire des choses auxquelles un honnête laquais ne voudrait jamais se prêter. L’esprit de l’Évangile est l’humilité ; le Fils de l’Homme nous a dit que celui qui s’exalte serait humilié ; l’inverse n’est pas moins sûr, et les gens de Cour suivent le précepte à la lettre. Ne soyons donc plus surpris si la Providence les récompense sans mesure de leur souplesse, et si leur abjection leur procure les honneurs, la richesse et le respect des Nations bien gouvernées.

Condamnation du blocus israélien.

A Gaza, Ban Ki-moon condamne le blocus israélien

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 21/03/2010

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-orient/a-gaza-ban-ki-moon-condamne-le-blocus-israelien_856888.html#xtor=AL-447
 
Alors que quatre Palestiniens ont été tués en Cisjordanie par l'armée israélienne, le secrétaire général des Nations unies a demandé la levée du blocus qui farppe depuis 2009 le territoire de Gaza.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (D), en visite à Gaza, le 21 mars 2010
AFP/Mahmud Hams
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (D), en visite à Gaza, le 21 mars 2010
Le chef de l'ONU Ban Ki-moon a condamné dimanche le blocus israélien "inacceptable" de Gaza, au moment où le médiateur américain George Mitchell tente de relancer le processus de paix sur fond de violences meurtrières en Cisjordanie occupée.
En 24 heures, quatre Palestiniens ont été tués par balles par l'armée israélienne près de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, dont deux avaient tenté de poignarder un soldat selon l'armée.
La présidence de l'Autorité palestinienne a accusé Israël de répondre aux efforts diplomatiques par "l'assassinat" de Palestiniens, et d'entraver la reprise du dialogue par sa politique de colonisation à Jérusalem-Est annexée.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (D), en visite à Gaza, le 21 mars 2010
AFP/Mohammed Abed
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon (D), en visite à Gaza, le 21 mars 2010
"J'ai dit clairement et de manière répétée aux dirigeants israéliens que leur politique de bouclage n'est pas tenable et qu'elle est mauvaise", a déclaré Ban Ki-Moon à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza.
"Elle inflige des souffrances humaines inacceptables à la population de Gaza. Elle affaiblit les modérés et donne du pouvoir aux extrémistes", a-t-il dit, après avoir été accueilli par des enfants portant des pancartes appelant à la levée du blocus.
Au premier jour de sa tournée en Israël et dans les territoires palestiniens samedi, le secrétaire général des Nations unies avait dit "comprendre et partager" les inquiétudes d'Israël vis-à-vis du mouvement palestinien Hamas au pouvoir à Gaza depuis juin 2007. Mais il avait fait part de sa "certitude que le blocus peut être levé tout en répondant aux légitimes préoccupations sécuritaires d'Israël".
La bande de Gaza, une étroite bande sablonneuse surpeuplée (1,5 million d'habitants, dont 85% dépendent de l'aide internationale), vit sous embargo israélien depuis 2007. Elle a été la cible d'une offensive israélienne dévastatrice (27 décembre 2008-18 janvier 2009) qui a fait plus de 1400 morts palestiniens et 13 israéliens.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (C) lors de la réunion du cabinet, le 21 mars 2010 à Jérusalem
AFP/Uriel Sinai
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (C) lors de la réunion du cabinet, le 21 mars 2010 à Jérusalem
Pour le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum, la visite de Ban Ki-Moon, sa deuxième à Gaza depuis cette offensive, est "positive mais insuffisante car le peuple palestinien veut des actes et non des paroles".
Le patron de l'ONU est ensuite retourné à Jérusalem pour rencontrer les responsables israéliens dont le Premier ministre Benjamin Netanyhu qui est attendu lundi aux Etats-Unis.
Ce dernier doit aussi voir George Mitchell qui tente de lancer des discussions indirectes entre Israéliens et Palestiniens dans le but de remettre sur les rails le processus de paix interrompu depuis fin 2008, dans la foulée d'un appel du Quartette (ONU, Etats-Unis, Union européenne, Russie) à un gel de la colonisation et à la reprise des négociations pour un accord d'ici à 24 mois.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et George Mitchell (D), lors de la réunion du Quartette sur le Proche-Orient, le 19 mars 2010 à Moscou
AFP/Archives/Yuri Kadobnov
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et George Mitchell (D), lors de la réunion du Quartette sur le Proche-Orient, le 19 mars 2010 à Moscou
Une tâche qui s'annonce pour le moins difficile, notamment après les nouvelles déclarations de Benjamin Netanyahu qui a réitéré son refus de geler la colonisation à Jérusalem. La politique de construction israélienne dans la Ville sainte est "la même qu'à Tel-Aviv", a-t-il dit.
Ces déclarations "n'aident pas à la reprise des négociations", a réagi le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina.
Cependant, Benjamin Netanyahu serait prêt, selon les médias israéliens, à des gestes de bonne volonté envers les Palestiniens.
L'émissaire américain doit rencontrer lundi en Jordanie le président palestinien Mahmoud Abbas qui réclame un gel de la colonisation avant la reprise de tout dialogue avec Israël.

À quand l'aéroport Ariel Sharon ?


"Esplanade Ben Gourion" : les Parisiens réagissent
envoyé par belkacem_93. - L'info internationale vidéo.