mardi 9 février 2010

En Israël, les défenseurs des droits de l'homme redoutent une "chasse aux sorcières".

 E MONDE | 09.02.10 | 14h58

Jérusalem Correspondant

Les intéressés parlent de climat de "chasse aux sorcières", et Gideon Levy, éditorialiste franc-tireur du quotidien Haaretz, n'hésite pas à dénoncer l'orientation "maccarthyste" du mouvement Im Tirtzu. Se drapant dans la défense des "valeurs du sionisme", celui-ci a lancé une violente campagne contre le New Israel Fund (Nouveau fonds israélien, NIV), une fondation qui finance les principales organisations de défense des droits de l'homme israéliennes, et sa présidente, le professeur Naomi Chazan.
Selon Im Tirtzu, qui a reçu le puissant soutien du quotidien populaire Maariv, le NIV finance les seize organisations non gouvernementales (ONG) qui ont fourni "92 % des références négatives" contenues dans le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone, lequel accuse Israël d'avoir commis des "crimes de guerre" lors de la guerre de Gaza de décembre 2008-janvier 2009. Connu pour son orientationd'extrême droite, Im Tirtzu est proche des milieux évangélistes américains.
Il vient d'obtenir une première victoire : Naomi Chazan, qui était depuis dix ans une éditorialiste respectée du Jerusalem Post, a reçu un courriel lui annonçant que sa collaboration était terminée. Mais la confrontation n'est pas finie : à la Knesset, le Parlement israélien, plusieurs députés mènent une offensive brutale, qualifiant les ONG visées de "traîtres" appartenant à une "cinquième colonne".
Une proposition de création de commission d'enquête parlementaire a été déposée, dont le but serait de dévoiler les sources de financement du New Israel Fund. Celui-ci, qui a été créé en 1979, a son siège à Washington. Il reçoit des donations des milieux juifs américains, et a versé depuis sa création plus de 200 millions de dollars à de très nombreuses organisations partageant des idéaux de démocratie et de justice sociale.
On compte parmi elles B'Tselem, Breaking the Silence, l'Association pour les droits civiques en Israël, le Comité public contre la torture, Médecins pour les droits de l'homme, Yesh Din, Adalah, Hamoked, etc., soit les principales organisations qui défendent les droits des Palestiniens, donnent la parole aux soldats israéliens muselés par la censure militaire et, d'une manière générale, mènent le combat de la liberté d'expression.
Mouvement de répression
Au nom de treize de ces organisations, B'Tselem a écrit au président Shimon Pérès, au premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et au speaker de la Knesset, Reuven Rivlin, pour dénoncer une "campagne croissante et systématique". "Une démocratie ne doit pas réduire au silence les voix critiques ; défendre les droits de l'homme est vital", souligne ce manifeste.
Les organisations humanitaires israéliennes redoutent que la campagne de Im Tirtzu s'inscrive dans un mouvement plus général de répression, comme celle qui frappe les militants palestiniens et israéliens qui protestent contre la "clôture de sécurité" et les expulsions de familles palestiniennes du quartier Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est.
Laurent Zecchini
 
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/02/09/en-israel-les-defenseurs-des-droits-de-l-homme-redoutent-une-chasse-aux-sorcieres_1303188_3218.html#xtor=AL-32280184 


 

Céline, inédit.


Céline, interview inédite
envoyé par Max_Demian. - Films courts et animations.

Marc-Édouard Nabe et le négationnisme.

Nabe, L'Homme qui arrêta d'écrire, auto-édition, 2010, pp. 386-387. 
Dialogue entre une libraire et Nabe :

- Votre problème, c'est que vous n'avez jamais su composer avec le milieu.
- Quand la principale réaction que vous suscitez est le négationnisme, je ne vois pas comment vous pouvez composer avec ce fameux milieu. On a nié pendant vingt ans mon existence en tant qu'écrivain et en tant qu'homme, comme si j'étais une sorte de mini-shoah à moi tout seul. Comme si j'avais inventé le fait d'être moi, et la censure médiatique dont je suis la victime... Comme si j'étais le seul responsable de mon prétendu auto-holocauste !
- Vous ne poussez pas un peu loin l'analyse ?
- Pas du tout... Il s'agissait de faire de moi un mythe, de faire de mon soi-disant talent un mythe, c'est-à-dire quelque chose qui n'existe pas. Et même certains en arrivaient à nier le mythe quand il se développait en tant que mythe. Voilà pourquoi je me suis toujours opposé au négationnisme en tant que tel car j'en souffrais moi-même. Le milieu littéraire m'a mis dans la position de celui qui doit en permanence affirmer : "Oui, les chambres à gaz ont existé". Évidemment, les négationnistes sont les premiers à m'exterminer de mon vivant, à m'étouffer le verbe. D'un côté, ils nient que j'existe, et de l'autre ils me liquident en même temps car on ne sait jamais... Je ne suis pas un détail dans l'histoire de la littérature contemporaine. Ca a à voir évidemment avec le langage et la vérité, le langage de la vérité et la vérité du langage. Ils font semblant de nier l'évidence, ce qui les pousse à faire ce travail de négation permanent, car si on va jusqu'au bout du raisonnement il ne fallait pas que j'existe. Dieu a eu tort de me créer.

Gaza: « Israël n’a pas mené d’enquête approfondie ».


Human Rights Watch accuse Tel-Aviv d’enquête tronquée sur les allégations de crimes de guerre durant l’opération « Plan durci » de janvier 2009 contre Gaza.
« Israël n’a pas montré qu’il entend mener une enquête approfondie et impartiale sur des allégations selon lesquelles ses forces auraient violé les lois de la guerre » durant l’opération « Plomb durci », a accusé hier l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch (HRW), basée à New York. Les vingt-deux jours d’offensive (du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009) s’étaient soldés par une hécatombe pour les Palestiniens, qui ont compté 1 385 morts, dont 762 non-combattants, et par la mort de 13 Israéliens.
« Il est crucial de mener une enquête indépendante pour comprendre pourquoi autant de civils ont été tués et pour pouvoir poursuivre les responsables d’attaques illégales », a déclaré un responsable de HRW, Joe Stork. Israël a communiqué un rapport, contesté par l’ONG, où il est fait mention d’investigations lancées sur 150 incidents séparés, dont 36 font l’objet d’une enquête criminelle. Deux officiers supérieurs ont reçu un blâme et une seule condamnation a été prononcée, selon l’armée  : contre un soldat qui avait volé une carte de crédit.
HRW précise avoir rencontré le 4 février des juristes de l’armée israélienne et assure que ceux-ci ne l’ont pas convaincue que les enquêtes internes de Tsahal sont « impartiales et approfondies » et qu’elles « concernent les directions politiques et militaires dont les décisions ont entraîné des morts de civils à l’encontre des lois de la guerre ».
Dans une résolution adoptée le 5 novembre, l’Assemblée générale de l’ONU avait donné trois mois à Israël et aux Palestiniens pour ouvrir des enquêtes sur les allégations de crimes de guerre commis lors du conflit, contenues dans le rapport de la commission d’enquête du juge sud-africain Richard Goldstone. Ce rapport recommandait la saisine de la Cour pénale internationale si Israël et les Palestiniens n’annonçaient pas d’ici à fin janvier leur intention de mener des enquêtes « crédibles » sur la conduite du conflit. Jeudi, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré qu’à ce stade « aucune détermination ne peut être faite sur la mise en œuvre par les parties concernées de la résolution » 64/10 de l’Assemblée générale.
D. B.

http://www.humanite.fr/2010-02-08_International_Gaza-Israel-n-a-pas-mene-d-enquete-approfondie