vendredi 20 novembre 2009
"Chez les Occidentaux, l'esprit de conquête se déguise sous des prétextes moralistes et c'est au nom de la liberté qu'ils veulent contraindre le monde entier à les imiter ! Le plus étonnant, c'est que, dans leur infatuation, ils s'imaginent de bonne foi qu'ils ont du prestige auprès de tous les autres peuples ; parce qu'on les redoute comme on redoute une force brutale, ils croient qu'on les admire" (René Guénon, "Orient et Occident", 1924).
Marcel-Francis Kahn : "Antisionisme n'est pas antisémitisme".
http://la-feuille-de-chou.fr/?p=2735
(...)
"Non, l’antisionisme n’est pas une forme d’antisémitisme."
« Les définitions sont libres, mais, une fois qu’on les a données, il faut s’y tenir ».
Ceux qui prétendent assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme devraient réfléchir à cette phrase de Pascal. Car qu’est-ce que le sionisme ? Une idéologie, qu’on peut, comme toutes les idéologies, accepter ou combattre.
Que dirions-nous si les tenants du communisme, du gaullisme ou du sarkozysme interdisaient qu’on les critique ?
N’a-t-on pas le droit de penser, contrairement à Theodor Herzl, que les Juifs ne forment pas un peuple, qu’ils peuvent vivre dans les pays auxquels ils appartiennent, qu’ils n’ont donc pas besoin d’un État à eux, et qu’enfin la Palestine n’est pas “une terre sans peuple pour un peuple sans terre” ?
Prétendre que cette vision du judaïsme relève de l’antisémitisme, c’est d’ailleurs affirmer que la grande majorité des juifs européens, avant-guerre, étaient antisémites. Car les mouvements sionistes ne représentaient alors qu’une minorité des communautés juives, en premier lieu en Europe de l’Est, dominées par l’orthodoxie, les communistes et le Bund.
A vrai dire, s’il existe un “nouvel antisémitisme” comme le prétend -un Pierre-André Taguieff, n’est-il pas incarné par les inconditionnels d’Israël ? Parce qu’ils associent notre image de Juifs aux horreurs commises par la soldatesque israélienne à Gaza.
Mais aussi, au-delà, parce qu’ils mettent Israël en danger. La principale menace, pour Israël, ne vient plus de ses voisins, mais de sa propre politique. Au lieu de négocier avec les Palestiniens et les autres peuples arabes une paix qui permettrait à leur pays de s’insérer enfin au Proche-Orient, les dirigeants israéliens misent sur le seul rapport des forces militaires. Mais celui-ci n’est pas éternel, comme l’ont montré, après les deux Intifadas, les aventures du Liban et de Gaza. ..
Marcel-Francis KAHN
Ex-chef de service rhumatologie à l’hôpital Bichat
cofondateur de l’Association France Palestine Solidarité
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