mercredi 8 juillet 2009

Sur le site postscriptum.fr : "Sarkozy, Juif, Israël : triptyque interdit". Une excellente analyse.

Polémique l Sarkozy, Juif, Israël : triptyque interdit

Il n’a rien d’un Voltaire en révolte et contraint à l’exil littéraire en Hollande. Cette image, c’est son avocat qui l’a osée, métaphore radicale pour commenter l’impossibilité de son client auteur à faire distribuer en France son dernier livre, « Sarkozy, Israël et les Juifs », pourtant traduit en quatre langues. Censure ? Le sujet suscite la polémique, le buzz se fait jour. Post Scriptum s’est procuré le sésame et a cherché à en savoir plus. Rencontre avec Paul-Eric Blanrue.

« La cocotte minute est en train de bouillir et il n’y a aucune soupape pour que la fumée s’échappe. » Blanrue a sa faconde toute personnelle. Sans accent mais avec gouaille. Attablé à une terrasse de café parisien, costard, cigare et barbe comme signes extérieurs de profession, écrivain, le quadragénaire a le verbe aussi facile qu’aiguisé. Historien de formation devenu auteur spécialiste des mystifications passées et présentes, il a gratté 200 pages en six mois d’un thème différent mais encore plus sulfureux : le changement de cap historique de la France au Moyen-Orient sous la férule pragmatique d’un président converti au sionisme par cynisme électoral.

« C’est l’association des trois mots qui fait peur en France. Pourtant, il y a 31 ans le philosophe Raymond Aron publiait un livre avec le même titre mais De Gaulle à la place de Sarkozy. Le diffuseur français de mon éditeur belge refuse de diffuser mon livre sur le territoire français, dans les librairies », nous assure Blanrue, dont le dernier bouquin prenait la forme d’un dictionnaire de l’antisémitisme, « Le Monde contre soi ». La réponse de Franck Spengler, fondateur des Editions Blanche, le 12 avril dernier, après réception du manuscrit en dit long sur le terrain délicat sur lequel ce Vénitien d’adoption s’est engagé : « Salut l’ami (…) Pour le publier, c’est hélas non, car outre les risques (mesurés malgré tout) de sortir ce livre, on n’aura pas une ligne de presse et encore moins de média télé ou radio, justement du fait de la mainmise de ceux dont on en peut pas dire le nom et leurs affidés. »

Un sionisme pragmatique devenu passionnel

« On constate une offensive sioniste depuis 2000, avec pour but d’assimiler l’anti-sionisme à l’antisémitisme, condamné depuis la seconde guerre mondiale, devenu pêché absolu. Pour ces autoproclamés lobbies qui font plus de mal que de bien à la cause juive, juif est égal à sioniste. Cet amalgame, c’est leur combat. Mais le sionisme, c’est la représentation d’une idée politique condamnée par l’ONU. En ce moment même, une proposition de loi, dite Martin Luther King, vise à interdire l’anti-sionisme, c’est scandaleux », nous explique l’auteur, qui se plait à rappeler que cette complaisance française à la politique radicale israélienne n’est pas la tasse de thé de toute la communauté juive en France.

Pour Blanrue, Sarkozy est le premier président sioniste de l’histoire de la Ve République. Sa politique extérieure pro-israélienne, à mille lieux de l’équilibre gaulliste et même mitterrandien, « met la France dans le mur et à la remorque des Etats-Unis et d’Israël. Mais pour lui, c’est la modernité. Il est un poisson pilote pourtant venu au sionisme par intérêt électoral », analyse le collaborateur reconnu de la revue Historia.
Il poursuit : « Pour gagner en 2007, Sarkozy devait soit passer par le centre, soit par la droite. Il a choisi, alors que son histoire personnelle ne l’invitait pas foncièrement en ce sens. Il a senti le vent du sionisme. Mitterand aussi avait eu besoin des juifs en 1981, pour finalement redevenir gaulliste dans sa politique extérieur. Sarkozy lui a décidé de jouer à fond la carte et ne peut plus faire marche arrière. En 2003, lors d’une réception par de grands lobbies juifs aux Etats-Unis, il se proclamait un inconditionnel de la sécurité d’Israël, faisant de l’Iran sa priorité. Bloomberg, le maire de New-York, voit en lui un modèle et l’Union des Patrons Juifs de France l’élisait homme de l’année en 2006. »

« Terminer le travail »

Un an plus tard, c’est Gaza et le drame humanitaire. La réponse française à l’offensive du gouvernement Olmert fait bondir Blanrue. « C’est l’envoi par Sarkozy de cette frégate destinée à empêcher la résistance palestinienne de recevoir des armes qui m’a conduit à réagir. Cette décision m’a paru grave, car nous n’étions plus ici simplement dans le discours », explique-t-il. « La France n’aurait jamais agi de cette façon sous la présidence de Jacques Chirac. Ni sous la présidence de François Mitterrand. Même si, avec ce dernier, les choses étaient plus complexe. Tant que Sarkozy faisait des déclarations destinées à se mettre les musulmans français dans la poche, ou les catholiques, nous pouvions mettre cela sur le compte d’une démagogie purement électoraliste. »

« Mais avec l’envoi d’une frégate dans des eaux contrôlées illégalement par Israël, Sarkozy entrait dans l’action. En 2006 déjà, lors de l’agression israélienne contre le Liban, Sarkozy, alors ministre, avait déjà montré un net parti pris pro-israélien en demandant à Zeev Boïm, ministre israélien en visite à Paris, de «combien de temps il avait besoin pour terminer le travail ». Mais alors il n’y avait pas eu d’action concrète, sinon ce parti pris stupéfiant. » En 200 pages bien argumentées et minutieusement « sourcées », Blanrue jette un pavé dans la marre. Giacomo Casanova n’a-t-il pas écrit un jour, « l’homme qui se défend de penser n’apprend jamais rien. » ? Le peuple juif ne le sait que trop bien, lui dont le rapport au temps est si particulier : hier m’apprend aujourd’hui pour me comporter demain.

Sarkozy, Israël et les Juifs, Paul-Eric Blanrue aux Editions “Oser Dire”. Livre à commander sur www.oserdire.com.

Sur son site, Michel Collon publie deux extraits de "Sarkozy, Israël et les juifs" (cliquez ici).

M° John Bastardi Daumont et Patrick Berger, de la Radio Vraiment Libre.

Manifestation de soutien à la librairie Résistances.





Un seul cri : "DISSOLUTION DE LA LDJ !"