vendredi 19 juin 2009
"Iran : la France dans les pas de Bush." Tout est expliqué et annoncé dans "Sarkozy, Israël et les juifs"...
Par Régis Soubrouillard | Mercredi 17 Juin 2009 à 16:48 | Marianne
Alors que Barack Obama s'est montré d'une grande prudence dans ses réactions aux élections iraniennes, partisan d'un dialogue inéluctable avec l'Iran, la France a opté pour l'intransigeance, s'inscrivant dans les pas de Bush, au risque de braquer le pouvoir et la rue iranienne.
Bush parti, il fallait bien quelqu’un pour incarner l’intransigeance, sinon l’aveuglement diplomatique, propre à l’ancienne administration américaine. Obama aurait pu s’enfermer dans ce rôle là. Sur l’Iran, il s’en est fallu de peu. Fmais finalement le président américain a préféré la politique de la main ferme mais tendue, faisant preuve d'une extrême prudence — d'ailleurs dénoncée par les républicains américains. Pour ne pas être accusé d'ingérence dans les affaires de la République islamique, il a souligné son respect de la « souveraineté » iranienne et s'est interdit de se prononcer sur l'existence d'une fraude généralisée.
C’est donc la France qui a tenu ce rôle-là. Sarkozy dénonçant, dans un premier temps, la fraude électorale et une réaction « brutale » et « totalement disproportionnée » du pouvoir iranien. Puis Kouchner, réaffirmant la position très critique de la France vis à vis du pouvoir iranien : « Oui nous pensons que l'ampleur de la réaction populaire (...) et de la répression contre ses manifestations est telle que quelque chose s'est passé, nous en sommes convaincus », a –t-il souligné sur RTL. D'après le ministre des Affaires étrangères, même « certains ayatollahs dénoncent les résultats et ne veulent pas [les] reconnaître. Nous voulons que le peuple iranien parle, il est en train de s'exprimer ».
La France expose ainsi clairement son refus de légitimer le régime iranien. Ce faisant, elle se prive de toute possibilité de dialogue futur : les autorités iraniennes ne manqueront pas de lui faire payer son arrogance en temps utiles. Déjà lundi, des manifestants pro-Ahmadinejad ont pu s'approcher du bâtiment de l'ambassade à Téhéran en criant des slogans hostiles à la France, sans être inquiétés par la police iranienne.
C’est donc la France qui a tenu ce rôle-là. Sarkozy dénonçant, dans un premier temps, la fraude électorale et une réaction « brutale » et « totalement disproportionnée » du pouvoir iranien. Puis Kouchner, réaffirmant la position très critique de la France vis à vis du pouvoir iranien : « Oui nous pensons que l'ampleur de la réaction populaire (...) et de la répression contre ses manifestations est telle que quelque chose s'est passé, nous en sommes convaincus », a –t-il souligné sur RTL. D'après le ministre des Affaires étrangères, même « certains ayatollahs dénoncent les résultats et ne veulent pas [les] reconnaître. Nous voulons que le peuple iranien parle, il est en train de s'exprimer ».
La France expose ainsi clairement son refus de légitimer le régime iranien. Ce faisant, elle se prive de toute possibilité de dialogue futur : les autorités iraniennes ne manqueront pas de lui faire payer son arrogance en temps utiles. Déjà lundi, des manifestants pro-Ahmadinejad ont pu s'approcher du bâtiment de l'ambassade à Téhéran en criant des slogans hostiles à la France, sans être inquiétés par la police iranienne.
Moussavi: véritable alterntative ou simple écran de fumée ?
Après 30 ans de fiasco diplomatique, Obama préfère rebattre les cartes dans la région. Conscient qu’à trop diaboliser Ahmadinejad, les risques sont grands et multiples: conforter son pouvoir, froisser Téhéran, et se mettre la une partie de la diaspora iranienne à dos : « Bien qu’un ferment étonnant se mette en place en Iran, il est important de comprendre que la différence, en termes de politique réelle, entre Ahmadinejad et Moussavi pourrait ne pas être aussi grande que ce qui a été dit », a déclaré le président américain à la chaîne CNBC refusant de s’interdire de « traiter avec un régime historiquement hostile aux Etats-Unis », quelqu'en soit son président.
Une différence de positionnement stratégique avec les européens résumée par le géographe et spécialiste de l’Iran, Bernard Hourcade, interrogé par leJDD.fr, : « Les Etats-Unis ont compris que l'Iran existait et qu'il fallait faire avec. Il s'agit d'une différence fondamentale avec les pays européens - et la France notamment - qui considèrent que le dialogue avec l'Iran passe par un changement de régime ». Audacieux, très audacieux, surtout quand il n’y a à proprement parler pas d’alternative. Ahmadinejad et Moussavi sont des enfants de Khomeini.
Une différence de positionnement stratégique avec les européens résumée par le géographe et spécialiste de l’Iran, Bernard Hourcade, interrogé par leJDD.fr, : « Les Etats-Unis ont compris que l'Iran existait et qu'il fallait faire avec. Il s'agit d'une différence fondamentale avec les pays européens - et la France notamment - qui considèrent que le dialogue avec l'Iran passe par un changement de régime ». Audacieux, très audacieux, surtout quand il n’y a à proprement parler pas d’alternative. Ahmadinejad et Moussavi sont des enfants de Khomeini.
Pourquoi BHL, Finkielkraut, Jack Lang et Marek Halter soutiennent-ils les manifs en Iran ? La réponse se trouve dans mon livre...
Des intellectuels français appellent à soutenir les Iraniens.
(Reuters)
Des intellectuels français ont exprimé sur le parvis des Droits de l'homme, place du Trocadero à Paris, leur solidarité avec le peuple iranien mobilisé contre la "confiscation de son vote".
Outre les philosophes Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut, le député socialiste Jack Lang et l'écrivain Marek Halter ont estimé que le monde entier devait garder les yeux fixés sur l'Iran pour offrir aux manifestants une "protection."
"A Téhéran et dans toutes les villes d'Iran, des gens défilent aujourd'hui au péril de leur vie contre la confiscation de leur vote", a déclaré Bernard-Henri Lévy devant quelques dizaines de sympathisants, moins nombreux que prévu.
"Si on n'est pas à leurs côtés, si on n'envoie pas un message de solidarité aussi humble soit-il, alors c'est à désespérer de la démocratie et de nos valeurs", a-t-il ajouté.
Le philosophe et écrivain a estimé que les signes de fraude du scrutin de vendredi dernier étaient si nombreux qu'il fallait "une nouvelle élection."
"C'est la seule façon de sortir de ce que l'on appelle encore pudiquement une crise et qui va tourner à la tragédie", a-t-il dit.
"Le peuple iranien a honte de son président non élu. Il est nécessaire de dire qu'il s'agissait d'une mascarade électorale et qu'il faut y mettre un terme", a-t-il ajouté.
Alain Finkielkraut a rappelé qu'il y a quelques semaines, à Genève, le président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection est contestée par la rue, avait tenu "des propos inadmissibles" sur Israël alors qu'il était en campagne électorale.
"Il a reçu un accueil triomphal de ses partisans et puis tout d'un coup, on se rend compte qu'en Iran, il y a une majorité de gens à qui Ahmadinejad fait honte", a-t-il dit.
De son côté, Jack Lang a dénoncé la "provocation", selon lui, de l'ayatollah Ali Khamenei ordonnant vendredi la fin des manifestations et menaçant ceux qui remettent en doute le résultat de la présidentielle du 12 juin.
"Toutes les classes sociales expriment avec dignité et courage leur volonté que leur vote soit respecté et aujourd'hui même, on annonce que tous ceux qui veulent contester ce vote se mettraient hors la loi", a-t-il dit.
"C'est donc une provocation à l'égard du peuple iranien tout entier", a-t-il ajouté.
Une nouvelle manifestation était prévue en fin de journée, également place du Trocadero, à l'appel de jeunes iraniens mobilisés depuis l'annonce du résultat contesté du scrutin.
Gérard Bon, édité par Yves Clarisse
(Reuters)
Des intellectuels français ont exprimé sur le parvis des Droits de l'homme, place du Trocadero à Paris, leur solidarité avec le peuple iranien mobilisé contre la "confiscation de son vote".
Outre les philosophes Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut, le député socialiste Jack Lang et l'écrivain Marek Halter ont estimé que le monde entier devait garder les yeux fixés sur l'Iran pour offrir aux manifestants une "protection."
"A Téhéran et dans toutes les villes d'Iran, des gens défilent aujourd'hui au péril de leur vie contre la confiscation de leur vote", a déclaré Bernard-Henri Lévy devant quelques dizaines de sympathisants, moins nombreux que prévu.
"Si on n'est pas à leurs côtés, si on n'envoie pas un message de solidarité aussi humble soit-il, alors c'est à désespérer de la démocratie et de nos valeurs", a-t-il ajouté.
Le philosophe et écrivain a estimé que les signes de fraude du scrutin de vendredi dernier étaient si nombreux qu'il fallait "une nouvelle élection."
"C'est la seule façon de sortir de ce que l'on appelle encore pudiquement une crise et qui va tourner à la tragédie", a-t-il dit.
"Le peuple iranien a honte de son président non élu. Il est nécessaire de dire qu'il s'agissait d'une mascarade électorale et qu'il faut y mettre un terme", a-t-il ajouté.
Alain Finkielkraut a rappelé qu'il y a quelques semaines, à Genève, le président Mahmoud Ahmadinejad, dont la réélection est contestée par la rue, avait tenu "des propos inadmissibles" sur Israël alors qu'il était en campagne électorale.
"Il a reçu un accueil triomphal de ses partisans et puis tout d'un coup, on se rend compte qu'en Iran, il y a une majorité de gens à qui Ahmadinejad fait honte", a-t-il dit.
De son côté, Jack Lang a dénoncé la "provocation", selon lui, de l'ayatollah Ali Khamenei ordonnant vendredi la fin des manifestations et menaçant ceux qui remettent en doute le résultat de la présidentielle du 12 juin.
"Toutes les classes sociales expriment avec dignité et courage leur volonté que leur vote soit respecté et aujourd'hui même, on annonce que tous ceux qui veulent contester ce vote se mettraient hors la loi", a-t-il dit.
"C'est donc une provocation à l'égard du peuple iranien tout entier", a-t-il ajouté.
Une nouvelle manifestation était prévue en fin de journée, également place du Trocadero, à l'appel de jeunes iraniens mobilisés depuis l'annonce du résultat contesté du scrutin.
Gérard Bon, édité par Yves Clarisse
L'avis d'un blogueur
(avec l'autorisation de l'auteur)
Monsieur,
Vous avez raison sur le fait de lâcher du lest quant au sionisme et à une certaine mainmise du sionisme en Occident.
Je me permets d'ajouter que le sionisme dépasse le cadre d'Israël et qu'en conséquence pro-israélien et sioniste ne signifient pas la même chose tout à fait. On peut ainsi être sioniste pour des intérêts qui ne sont que secondairement pro-israéliens, voire hypocrites...
Maintenant, il est malheureusement possible que les juifs soient les boucs émissaires d'une colère, ou juifs assimilés aux sionistes, mais il est aussi certain que la liste antisioniste de Dieudonné et consorts est une caricature de politique. On ne fait pas de politique avec un programme anti-sous-idéologie, aussi influente cette sous-idéologie soit-elle...
En plus, il est clair que le sionisme n'est qu'un avatar du mondialisme et non l'inverse. C'est le point névralgique pour corriger les vues sur l'influence du sionisme, qui est peut-être influent, mais qui n'est pas tout-puissant!
Le vrai problème n'est pas dans la réduction du problème effectif au sionisme, mais dans la compréhension d'un phénomène global qui dépasse de loin le sionisme. Si l'on se focalise sur le sionisme, outre qu'on se trompe et qu'on s'égare, en plus on ne comprend pas ce qui se passe et ce qu'est le projet du Nouvel Ordre Mondial.
Il faut comprendre le problème en termes de factions et non de nation, de pseudo-races ou de territoires.
Maintenant j'approuve conjointement :
1) votre appel à lâcher du lest quant au "nouvel antisémitisme", à l'antiantisémitisme/nouveau racisme et à ses formes voisines insupportables de diabolisation et de culpablisation systématiques
2) vos peurs de retour de l'antisémitisme comme bouc émissarisation et comme résurgence de ce qui s'est passé aussi pendant la tragique Shoah.
En même temps, il est possible que la colère se déroule plutôt ou en plus contre les factions financières ou contre l'Occident corrompu et de plus en plus inégalitaire, révoltes venant notamment du Sud.
En tout cas, il est capital de rappeler aux gens qu'en périodes troublées ceux dont l'influence porte sont ceux qui agissent dans le calme et la lucidité et qui bannissent la violence, la haine et toutes leurs formes d'emportement illusoire.
Bien à vous.
Koffi Cadjehoun
http://aucoursdureel.blogspot.com/
Monsieur,
Vous avez raison sur le fait de lâcher du lest quant au sionisme et à une certaine mainmise du sionisme en Occident.
Je me permets d'ajouter que le sionisme dépasse le cadre d'Israël et qu'en conséquence pro-israélien et sioniste ne signifient pas la même chose tout à fait. On peut ainsi être sioniste pour des intérêts qui ne sont que secondairement pro-israéliens, voire hypocrites...
Maintenant, il est malheureusement possible que les juifs soient les boucs émissaires d'une colère, ou juifs assimilés aux sionistes, mais il est aussi certain que la liste antisioniste de Dieudonné et consorts est une caricature de politique. On ne fait pas de politique avec un programme anti-sous-idéologie, aussi influente cette sous-idéologie soit-elle...
En plus, il est clair que le sionisme n'est qu'un avatar du mondialisme et non l'inverse. C'est le point névralgique pour corriger les vues sur l'influence du sionisme, qui est peut-être influent, mais qui n'est pas tout-puissant!
Le vrai problème n'est pas dans la réduction du problème effectif au sionisme, mais dans la compréhension d'un phénomène global qui dépasse de loin le sionisme. Si l'on se focalise sur le sionisme, outre qu'on se trompe et qu'on s'égare, en plus on ne comprend pas ce qui se passe et ce qu'est le projet du Nouvel Ordre Mondial.
Il faut comprendre le problème en termes de factions et non de nation, de pseudo-races ou de territoires.
Maintenant j'approuve conjointement :
1) votre appel à lâcher du lest quant au "nouvel antisémitisme", à l'antiantisémitisme/nouveau racisme et à ses formes voisines insupportables de diabolisation et de culpablisation systématiques
2) vos peurs de retour de l'antisémitisme comme bouc émissarisation et comme résurgence de ce qui s'est passé aussi pendant la tragique Shoah.
En même temps, il est possible que la colère se déroule plutôt ou en plus contre les factions financières ou contre l'Occident corrompu et de plus en plus inégalitaire, révoltes venant notamment du Sud.
En tout cas, il est capital de rappeler aux gens qu'en périodes troublées ceux dont l'influence porte sont ceux qui agissent dans le calme et la lucidité et qui bannissent la violence, la haine et toutes leurs formes d'emportement illusoire.
Bien à vous.
Koffi Cadjehoun
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