dimanche 27 septembre 2009

Regain de tension sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem après des heurts.

JERUSALEM - L'esplanade des Mosquées, une poudrière politico-religieuse dans la Vieille ville de Jérusalem, a été à nouveau le théâtre d'affrontements dimanche entre Palestiniens et policiers israéliens qui ont fait plusieurs blessés de part et d'autre.
Un jeune palestinien lance une bouteille en verre contre la police israélienne dans la Vieille ville de Jerusalem le 27 septembre 2009
AFP/Ahmad Gharabli
Un jeune palestinien lance une bouteille en verre contre la police israélienne dans la Vieille ville de Jerusalem le 27 septembre 2009
Les premiers heurts ont éclaté dimanche matin sur l'esplanade, apparemment par méprise, lorsque environ 150 musulmans, selon la police, ont attaqué à coups de pierres ce qu'ils croyaient être un groupe de fidèles juifs venus prier par provocation dans ce haut lieu de l'islam.
Mais en fait, si des juifs religieux se trouvaient bien à proximité du site, le groupe attaqué "était constitué de touristes français non juifs visitant l'esplanade", a assuré le porte-parole de la police de Jérusalem, Shmouel Ben Rubin.
Le principal négociateur palestinien Saëb Erakat a accusé Israël de provoquer délibérément une "escalade de la tension à Jérusalem" au moment où le président américain Barack Obama tente de faire avancer la paix au Proche-Orient.
De jeunes Palestiniens ont ensuite affronté les forces de l'ordre déployées en nombre dans les rues étroites de la Vieille ville en leur jetant des pierres, les policiers répliquant avec des grenades assourdissantes.
Un vieux palestinien emmené dans une ambulance après avoir été blessé pendant des heurts sur l'esplanade des Mosquées
AFP/Menahem Kahana
Un vieux palestinien emmené dans une ambulance après avoir été blessé pendant des heurts sur l'esplanade des Mosquées
Des témoins ont fait état d'une dizaine de blessés parmi les protestataires palestiniens. Un total de 17 membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés, a précisé la police qui a procédé à 11 arrestations.
"Il y a une présence policière massive dans la Vieille Ville et, en général, la situation est sous contrôle", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.
Un calme tendu régnait dans l'après-midi et des jeunes Palestiniens ont tenté d'incendier une station-service d'un autre quartier de Jérusalem-Est, selon un photographe de l'AFP.
L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a accusé les autorités israéliennes de "crime nécessitant l'intervention immédiate de la communauté internationale" et averti que de telles actions "détruisent tous les efforts pour ramener la paix et établir un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale".
De son côté, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a évoqué une "dangereuse escalade" et prévenu que l'"occupation israélienne porterait la responsabilité des conséquences de ce crime".
Vue aérienne de la mosquée Al-Aqsa (G) et du mur des Lamentations (D) dans la Vieille ville de Jérusalem le 15 octobre 2008
AFP/Archives/Gali Tibbon
Vue aérienne de la mosquée Al-Aqsa (G) et du mur des Lamentations (D) dans la Vieille ville de Jérusalem le 15 octobre 2008
Amman a condamné "l'escalade" israélienne et convoqué l'ambassadeur d'Israël, et la Ligue arabe a fait part de son "extrême colère", parlant d'agression préméditée des forces israéliennes.
C'est une visite --perçue comme provocatrice-- du chef de la droite israélienne, Ariel Sharon, sur la même esplanade qui avait déclenché la seconde Intifada, un soulèvement armé palestinien, en septembre 2000.
L'esplanade, qui abrite les mosquées Al-Aqsa et du dôme du Rocher, est considérée comme le troisième lieu saint de l'islam. Elle est aussi révérée par les juifs qui l'appellent le mont du Temple.
Bâtie sur le site du Temple juif détruit par les Romains en l'an 70 de l'ère chrétienne, dont l'ultime vestige est le "Mur occidental" (le Mur des Lamentations), lieu sacré du judaïsme, l'esplanade se trouve dans l'enceinte de la Vieille ville historique, à l'intérieur du secteur oriental conquis et annexé par Israël en juin 1967.
Le site est accessible aux non-musulmans à certaines heures de la journée, mais pas lors des fêtes musulmanes. La police permet à des groupes de juifs de s'y rendre mais pas d'y prier.
Israël célèbre à compter de dimanche soir le jour du Grand Pardon (Yom Kippour), marqué par un jeûne de 25 heures et des prières.

http://www.lexpress.fr/actualites/1/regain-de-tension-sur-l-esplanade-des-mosquees-a-jerusalem-apres-des-heurts_790504.html